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    Synode sur la synodalité Les conclusions du processus synodal attendues prochainement
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    Représentant du Commandement central de ce mouvement insurrectionnel, R. Vargas est actuellement en

    La Suisse pourrait être partie prenante dans le processus de paix engagé en Colombie. Et offrir son territoire pour les délégués à la Convention nationale souhaitée par la guérilla de l’ELN, a confié à l’APIC le commandant guérillero Ramiro Vargas. Destin

    Le processus de paix, entaméé depuis plusieurs mois en Colombie, est en panne, bloqué, pour ne pas dire moribond, en raison du veto du président Pastrana d’octroyer à l’ELN une sorte de "no man’s land" sur un territoire de 8’000 km2. Une zone démilitarisée considérée par l’ELN comme indispensable pour sa sécurité et celle des représentants de la société civile, appelés à prendre part aux négociations. Un territoire pourtant cinq fois moins grand que celui concédé en novembre dernier à l’autre guérilla colombienne, les Forces armées révolutionnaires (FARC), et à partir duquel l’Armée de libération nationale (ELN) pensait mettre en place sa Convention nationale, dans l’esprit des accords de Mayence, signés en juillet 1998 sous l’égide de la Conférence des évêques allemands. Les FARC et l’ELN disent contrôler actuellement 40 à 50% du territoire colombien et plus de la moitié des 1’100 municipalités du pays.

    Le Département fédéral des Affaires étrangères (DFAE) confirme la rencontre, vendredi 19 mars à Berne, entre le représentant du Comandement central de l’ELN - le second groupe insurrectionnel en importance de Colombie, après les FARC - et des membres du DFAE. "Le DFAE a effectivement fait part de la disponibilité de la Suisse pour accueillir une conférence susceptible de contribuer à résoudre le problème de la violence dans ce pays. Avec une condition: la présence de l’ensemble des parties en conflit". "Nous n’accepterons jamais de nous asseoir à la table des négociations avec les groupes paramilitaires. Et je ne pense pas que la Suisse pense à eux", estime, en réponse à cette condition, le leader de l’ELN.

    Ressortissant suisse séquestré: Berne attend une réponse

    A l’heure où les deux principaux groupes insurrectionnels multiplient les enlèvements d’étrangers, - un ressortissant suisse vient d’être enlevé par les FARC, un autre, d’origine tessinoise, est depuis près de deux semaines séquestré par l’ELN - le Commandement central de l’ELN tente aujourd’hui de débloquer le problème en Suisse et en Europe.

    Ramiro Vargas a en outre rencontréé en Suisse des représentants du Comité de la Croix Rouge Internationale et du Haut Commissariat pour les réfugiés des Nations Unies (HCR). Un rendez-vous avec le secrétaire de la Conférence des évêques suisses, le Père Roland B. Trauffer, figurait également à son agenda.

    Le responsable de l’ELN confirme par ailleurs la détention, par ses "compañeros", d’un ressortissant suisse. "Je sais qu’il est en bonne santé. Je me suis engagé auprès du gouvernement à donner toutes informations utiles à ce sujet. Je ne connais pas les raisons qui ont poussé mes compagnons à le séquestrer. Nous rendrons réponse à Berne dans les plus brefs délais. Aucune promesse de libération prochaine n’a cependant été faite, sinon celle de procéder à une enquête sur ce cas précis".

    Les Accords de Mayence, tenus sous l’égide des Conférences épiscopales d’Allemagne et de Colombie, avait rassemblée à une même table, en juillet 1998, l’ELN et 39 représentants de la société civile colombienne. Après 40 ans d’un conflit qui a plongé ce pays latino-américain dans une terrible "guerra sucia" (guerre sale), pour la première fois les bases d’un processus de paix étaient officiellement lancées. Pas un luxe, si l’on considère qu’avec près de 28’000 assassinats en 1997 et autant, sinon davantage, en 1998, la Colombie est le pays le plus violent d’Amérique du Sud.

    Pressions américaines

    L’espoir né de Mayence s’est encore affermi les 11 et 12 octobre 1998. Sur territoire colombien cette fois, à Rio Verde, près de Medellin, où un "Sommet" a réuni des représentants de la société civile, un observateurs du CICR, le Suisse Pierre Gassmann, l’ambassadeur d’Espagne, quatre représentants de l’épiscopat colombien, et, pour la première fois, un délégué du gouvernement. Evénement inimaginable il y a un an seulement, le gouvernement avait accepté de sortir momentanément de prison les deux leaders guérilleros Felipe Torres et Francisco Galan, pour leur permettre de participer aux négociations en compagnie d’un autre dirigeant de l’ELN. Cette réunion de deux jours avait notamment permis d’élaborer un calendrier, et de se mettre d’accord sur les thèmes prioritaires à débattre au sein de la Convention nationale.

    Parallèlement au processus engagés par l’ELN avec les secteurs représentatifs de la société civile, des prémices de dialogue, entre le gouvernement de Pastrana et les FARC cette fois, ont permis la démilitarisation d’un territoire de 42’000 km2 - la superficie de la Suisse - dans le Département de Caqueta. A cause de cette concession, le gouvernement de Pastrana s’est attiré les foudres de Washington, qui a menacé de bloquer son programme d’aide en matière de lutte contre le narcotrafic. "Les pressions américaines, encore réaffirmées lors de la récente visite du président colombien à la Maison Blanche, sont à l’origine du refus du gouvernement de démilitariser le territoire de 8’000 km2 que nous demandons pour notre sécurité, comme préalable à la continuité du processus de paix engagé. Conséquence: la Convention nationale, qui devait débuter le 13 février, n’a pas eu lieu. Faute de garanties pour nous. L’ELN est donc contrainte de reconsidérer le problème, et de trouver une alternative", commente Ramiro Vargas.

    "Tout le monde attend pourtant que la Convention nationale se mette en place comme une première porte de sortie à la violence, poursuit-il. Or, après avoir épuisé toutes les possibilités en Colombie, il faudra bien nous résoudre à la déplacer en Europe, et donc peut-être en Suisse. Aucune date ne peut bien entendu être avancée. Cela ne sera pas du goût de Pastrana, c’est vrai, mais il n’a pas l’autorité, ni morale ni politique pour crier à l’ingérence, pour s’opposer à des gouvernements qui, comme la Suisse, veulent favoriser la paix en Colombie dans le cadre de son action humanitaire". (apic/pierre rottet)

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