La Somalie crie au secours (251192)
Une guerre civile bête et cruelle "à faire pleurer le Bon Dieu"
Berne, 25novembre(APIC) Pendant que le drame de la Somalie continue à
faire son lot quotidien de victimes, les pays riches de ce monde contingentent leur production pour éviter un exédent "fâcheux" pour la stabilité des
prix. La Somalie s’embourbe dans la guerre civile et s’enfonce dans la famine. Les armes et les munitions affluent pour assouvir la soif de pouvoir
de trois factions que des généraux aliénés veulent imposer. En mettant le
pays à feu et à sang. Bête et cruel. A faire pleurer le Bon Dieu. Et pour
faire bonne mesure le HCR délègue une ambassadrice de charme en la personne
de Sophia Loren. Aveu d’impuissance? Au milieu de ce fatras d’incohérences
et de monstruosités, les oeuvres d’entraide tentent ce qu’elles peuvent
pour venir en aide aux populations. Caritas Suisse et la Croix-Rouge suisse
ont fait le point mecredi à Berne après le retour de ce pays de deux de
leurs délégués.
La guerre, la sécheresse et la famine n’en finissent pas de tuer:
500’000 morts déjà et plus d’un million de Somaliens directement menacés à
court terme, selon Claudia Hungerbühler (CRS) et Yves Audeoud (Caritas) (un
million de morts et deux millions de personnes menacées selon l’ONU). Tous
deux participaient en Somalie à une mission d’évaluation des besoins; ils
ont présenté à Berne le travail déjà accompli sur place et les futurs projets.
Clans et sous-clans de tous bords s’affrontent avec une rare violence,
les trois généraux des trois factions en conflit ne maîtrisent pas leurs
troupes. Tout cela encore augmenté par un banditisme incontrôlé qui attise
les animosités entre clans. Et les nomades, pour compléter ce triste tableau, poussés par leur instinct de survie, s’approprient des vivres par la
force. L’anarchie la plus totale, dans ce pays où règne la loi de la jungle, le langage des armes. Les populations paient. De leur vie. Les enfants
et les femmes ont depuis longtemps cessé de parler d’avenir. L’anarchie?
"Impossible même de transporter des vivres sur de longues distances, on
s’exposerait à un danger de mort", affirment les délégués.
Face à cette insulte à l’humanité, Caritas Suisse, la Croix-Rouge suisse
et les oeuvres d’entraide ne baissent pas les bras. Caritas a déjà apporté
une contribution de 500’000 francs en faveur du programme de secours de la
Fédération luthérienne mondiale. Depuis la mi-mai, des vols transportant
des vivres sont organisés. Ce programme s’adresse prioritairement à des catégories de personnes particulièrement menacées: enfants, orphelins, femmes
enceintes, mères qui allaitent, malades et personnes âgées. Caritas a en
outre lancé dès le mois d’octobre un second programme évalué à un million
de francs, afin de distribuer nourriture, médicaments et couvertures, mais
aussi des semences et des outils pour relancer la production agricole en
vue de la saison des pluies qui s’annonce. Un soutien qui s’accompagne
d’une aide aux 400’000 personnes qui fuient vers les régions limitrophes de
l’Ethiopie voisine, et aux 300’000 autres réfugiés dans les camps du Kenya.
Le CRS n’est pas en reste. Jusqu’ici, il a consacré 2,1 millions de
francs pour soutenir, en collaboration avec le CICR, un programme médical
et financer en Somalie 70 centres de nutrition sur les 900 installés par le
CICR. Il a en outre débloqué quelque 300’000 francs pour aider les réfugiés
et les victimes de la séchersse au Kenya. Quant aux oeuvres d’entraide affiliées à la Chaîne du Bonheur, elles ont octroyé un montant de 5 millions
de francs au CICR pour son action en Somalie.
Ne pas baisser les bras, disions-nous, d’autant que selon les deux délégués, l’aide venue du monde commence à porter ses fruits. Des priorités demeurent cependant. Caritas va ainsi libérer un crédit-cadre de deux millions de francs pour poursuivre son aide, tenter d’endiguer les flux de réfugiés, mais aussi approvisionner en eau potable cette région meurtrie en
faveur de laquelle Caritas Suisse, avec l’appui de la CRS, organise un concert de Noël programmé au dimanche 20 décembre à la Festhalle de Berne. Le
concert de la solidarité avec trois groupes africains. Pour sauver ce qui
est possible de la bêtise de trois petits généraux. (apic/pierre rottet)