Une nouvelle documentation de Caritas
Lucerne, 13juillet(APIC) Que sait-on des gens du voyage ? Nous en avons
souvent une connaissance partielle et surtout négative. C’est pourquoi, des
collaborateurs de Caritas ont rencontré des gens du voyage et se sont longuement entretenus avec eux, de leur mode de vie, de leurs problèmes ainsi
que des mesures à prendre pour que cette population obtienne en Suisse la
place qui lui revient. Le résultat de ces recherches de plusieurs années
vient d’être consigné au sein d’une nouvelle documentation.
On y lira par exemple qu’en Suisse, les "Gens du voyage" sont entre 25
et 30’000, mais que seuls 4 à 5000 d’entre eux voyagent encore plus ou
moins régulièrement, qu’ils appartiennent au groupe des Jenisches et qu’ils
parlent le rotwelsh. Ils aiguisent encore des couteaux, mais, étant donné
l’évolution technique et les changements parmi les besoins de la clientèle,
on les voit de plus en plus s’adonner au commerce de meubles et d’antiquités, ainsi qu’à la vente de textiles et de cordages.
Comme des parias
Ces activités, ils ne pourront les exercer que moyennant une certaine
redevance : l’inévitable patente qu’ils paient au prix fort et ne leur donne que peu de droit. Sa validité en effet porte sur une période et sur un
territoire limité. Sans compter la difficulté à trouver une place de passage ou de stationnement puisque très souvent ils sont chassés des places
publiques sous prétexte qu’ils gênent. Les gens du voyage n’ont plus le
choix et doivent se contenter d’un pont d’autoroute, d’une voix de chemin
de fer ou d’une gravière.
Pas de rentrée fixe chez ces nomades, mais un revenu variable selon la
saison et le jour de la semaine. C’est donc à court terme qu’on y vit,
quitte à se trouver rapidement dans l’impasse financière. S’ils arrivent
quelques fois à se payer des Mercédes ou des caravanes de luxe, c’est
qu’ils n’ont pas, comme les sédentaires, un loyer mensuel à payer et qu’ils
regroupent leurs salaires.
L’école des enfants est un autre thème de discussion. Il y a bien-sûr la
question des fréquents déplacements et des difficultés d’intégration parmi
d’autres écoliers davantage rodés à la pédagogie livresque et théorie
qu’expérimentale, ce qui est plutôt le point fort des petits nomades. sans
compter que beaucoup de nomades voient dans l’enseignement scolaire une menace directe à leur propre culture.
Dialogue ouvert
Que faire ? Bien sûr il faudra envisager un changement fondamental d’attitude, sur la base d’un dialogue mutuel entre nomades et sédentaires. Depuis les autorités jusqu’aux simples particuliers, en passant par les
oeuvres d’entraide, les écoles et autre établissements publics ... ou tout
simplement ce médecin qui un jour a refusé de soigner un nomade atteint
d’un empoisonnement du sang avant que celui-ci ne lui verse 50 francs! Et
pourtant il était même assuré auprès d’une caisse maladie...
Mais créer un climat de confiance n’est qu’un premier pas, beaucoup de
questions concrètes sont à régler : places de stationnement et de passage,
patentes professionnelles, sécurité sociale, utilisation de l’infrastruture
communale etc. Ces différentes questions sont traitées en détail dans la
brochure éditée par Caritas. (apic/bd)
"Les gens du voyage en Suisse : une minorité méconnue", Documentation Caritas Suisse 1/88, Service d’information, Löwenstrasse 3, 6002 Lucerne.