A l’occasion de l'assemblée d’automne de la Conférence des évêques de France (CEF), du 5 au 10 novembre 2024 à Lourdes, le pape François a invité l’Église de France à être «forte de sa foi, fière de son histoire». La réouverture de la cathédrale Notre-Dame de Paris, les 7 et 8 décembre prochains, est un signe d'espérance, a-t-il souligné dans son message.
Le 22 octobre, le président de la CEF, Mgr Éric de Moulins-Beaufort, avait adressé une lettre au pape, lui demandant sa bénédiction pour l’assemblée des évêques. «C’est résolument vers l’avenir qu’il faut se tourner», écrit le pontife dans son message de deux pages signé du cardinal secrétaire d’État Pietro Parolin. Le pape appelle les catholiques français à une «inébranlable espérance», voyant dans la réouverture au culte de la cathédrale Notre-Dame de Paris «un signe fort – et j’espère prophétique – que le Seigneur adresse à [l’Église de France] en particulier».
Une célébration très attendue, mais sans le pape
Après cinq ans de restauration, la cathédrale gothique, dont la fameuse flèche et la toiture avaient été consumées par les flammes d’un incendie le 15 avril 2019, rouvrira ses portes les 7 et 8 décembre. Une inauguration – avec remise officielle par l’État propriétaire à l’affectataire, l’Église catholique – aura lieu le samedi et la première messe sera célébrée le dimanche.
En septembre dernier, la rumeur d’une venue du pape François à Paris pour ces célébrations s’était répandue après qu’un article de La Tribune ait laissé entendre que le projet était en bonne voie. Mais le pape avait fermement démenti cette hypothèse le 13 septembre: «Je ne viendrai pas à Paris», avait-il déclaré. Pour l’heure, le Vatican n’a pas annoncé s’il comptait envoyer un représentant pontifical.
La gratitude de l’Église pour les sauveurs de la basilique
Le soir du drame, le Saint-Siège avait communiqué son «incrédulité et (sa) tristesse» et le lendemain le directeur du Bureau de presse avait assuré que le pape François priait «pour les catholiques et pour la population parisienne sous le choc». Le pontife «est proche de la France» et «assure de ses prières tous ceux qui s’efforcent de faire face à cette situation dramatique», pouvait-on lire dans ce message. À l’audience générale du 17 avril, le pape avait à nouveau exprimé sa proximité et la gratitude de l’Église «à tous ceux qui se sont prodigués, également en prenant des risques, pour sauver la basilique».
Évoquant «cet admirable édifice restauré» dans sa lettre aux évêques, le pape François invite l’Église de France à être «forte de sa foi, fière de son histoire et de son irremplaçable contribution à la construction [du] pays». «Et puisse-t-elle être entendue», souhaite-t-il, en l’encourageant à annoncer l’Évangile.
Les liens d’Église entre la France et l'Afrique
Le pape salue par ailleurs les grands thèmes des travaux de l’assemblée des évêques, en particulier l’accent mis sur les relations entre l’Église en France et l’Église en Afrique. L'assemblée des évêques voit d'ailleurs la participation du cardinal congolais Fridolin Ambongo, du cardinal rwandais Antoine Kambanda, de l’archevêque burkinabé Mgr Gabriel Sayaogo, ainsi que de l’archevêque Sviatoslav Shevchuk, chef de l’Église gréco-catholique d’Ukraine.
Les communautés chrétiennes «doivent resserrer leurs liens» face à « a cupidité, l’égoïsme, l’indifférence, l’esprit d’exploitation», indique-t-il. De nombreuses paroisses de France, en pénurie de vocations sacerdotales, sont desservies par des prêtres venus du continent africain, dont la collaboration avec le clergé local est parfois difficile.
Enfin, le pontife argentin évoque sa récente encyclique Dilexit nos sur le cœur de Jésus, qui «met en lumière la place considérable que les saints de France ont eu dans le développement et la compréhension de cette dévotion». Il souligne que «plus que de remettre à la mode une dévotion souvent jugée poussiéreuse et désuète, il s’agit de saisir à quel point Jésus aime chacun, à quel point il aime l’Église de France, […] à quel point il aime le monde entier». (cath.ch/imedia/ak/lb)