Durant la pandémie de COVID-19, l’Entraide Protestante Suisse (EPER) a pu compter sur la forte solidarité de l’ensemble de la population suisse. Elle a enregistré en 2020 une forte augmentation des dons, totalisant un montant de 78,8 millions.
Après avoir enregistré une baisse des recettes ces dernières années, associée à une augmentation des dépenses et à une réduction des réserves, le résultat d’exploitation positif, de 2020, permet d’envisager les défis à venir avec optimisme dans un environnement très concurrentiel, note l'EPER dans un communiqué du 20 avril 2021. .
Avec un montant de 78,8 millions en 2020 (contre 68,4 millions en 2019), les recettes d'exploitation de l’EPER dépassent clairement les attentes. Parallèlement, les dépenses ont totalisé 73,2 millions de francs en 2020, soit un montant moins élevé que prévu (73,8 millions en 2019). Après un prélèvement sur le fonds d’environ 3,3 millions en 2019, 6,2 millions ont pu être attribués au capital des fonds l’an passé en raison de l’écart entre les recettes et les dépenses. Le fonds s’élevait au total à 37,7 millions à la fin de l’année 2020.
198 projets en Suisse et au Sud
En 2020, l’EPER a engagé 61,4 millions pour ses 198 projets en Suisse et à l’étranger. Dans la coopération au développement, l’EPER a mené des projets en Afrique, en Asie, en Amérique latine et en Europe à hauteur de 12,9 millions. L’EPER a fourni une aide humanitaire aux populations touchées par la sécheresse, les catastrophes naturelles et les conflits armés pour 11,3 millions. Enfin, 2,1 millions ont été reversés à des projets de collaboration avec les Eglises en Europe de l’Est et au Proche-Orient.
En Suisse, l’EPER a investi 27 millions pour mettre en œuvre ses projets. 17,7 millions ont été attribués à des projets favorisant l’intégration des personnes socialement défavorisées, et 8,9 millions ont été attribués aux consultations juridiques destinées aux personnes requérantes d’asile ou reconnues comme réfugiées.
Une pression économique tangible
Malgré une pression économique accrue, surtout pour les mandats internationaux et les conventions de prestation de la Confédération, des cantons et des communes, un résultat d’exploitation de +5,6 millions a été généré. Ce bon résultat est principalement dû à l’augmentation des contributions des donateurs privés et institutionnels pour les programmes d’aide liés à la pandémie en Suisse et à l’étranger. Le résultat des dons a augmenté d’environ 11,1 millions par rapport à l’année précédente (en 2019 : 5,5 millions de moins).
Les recettes des activités menées en Suisse se sont élevées à 32,9 millions, ce qui correspond à 42 % du résultat annuel. Les Eglises cantonales, les paroisses et d’autres organisations ecclésiales ont apporté des contributions à hauteur de 11,3 millions (14 %). La Confédération, les cantons et les communes ont versé 18,9 millions (24 %), les particuliers 16,7 millions (21 %), et la Chaîne du Bonheur 2,5 millions (3 %). Les recettes de prestations du Siège romand et des cinq bureaux régionaux en Suisse alémanique ont contribué au résultat à hauteur de 17,2 millions (22 %).
Concentration sur les programmes
Dans une volonté de se concentrer de manière ciblée sur le portefeuille de projets à l’étranger, les moyens investis en 2020 dans des projets en Europe, en particulier en Moldavie et en Roumanie, ont été moins importants (-1,4 million). C’est également le cas en Amérique latine (Colombie, Haïti) et en Asie, principalement en Palestine/Israël (-1,8 million). La situation politique instable dans certains pays, ainsi que les conditions générales difficiles dues aux restrictions financières et aux embargos, ont également entraîné une diminution des dépenses dans les projets à l’étranger. En revanche, un montant supplémentaire de 1,5 million a été engagé dans les projets d’aide humanitaire d’urgence.
En Suisse, une diminution du nombre des participants liée au COVID-19 a eu lieu dans certains projets, au cours du premier semestre. Ceci a entraîné une réduction des dépenses par rapport à l'année précédente. En même temps, des projets d'urgence ont pu être mis en œuvre très rapidement grâce aux dons. Les projets ont été continuellement adaptés afin de répondre aux vulnérabilités amenées par la pandémie et le confinement.
La part des coûts administratifs s’élève à 11,8 millions, soit 16,1 % des dépenses totales. L’EPER se situe ainsi toujours en dessous de la moyenne des ONG certifiées Zewo (21 %). (cath.ch/com/mp)