Parmi les centaines de milliers de jeunes présents à Rome pour le jubilé, on rencontre plusieurs délégations provenant de pays en guerre: Liban, Irak, Myanmar, Terre sainte, Soudan du Sud, Ukraine ou encore la Corée. Leurs drapeaux flottant au-dessus de la foule et leurs témoignages rappellent l’importance de la paix dans le monde.
"Nous voulons la paix dans le monde !”, s’est écrié le pape Léon XIV en venant saluer les jeunes par surprise à la fin de la messe d’ouverture sur la place Saint-Pierre.
“Toutes les nuits on se réveille avec la peur”
En écho à cet appel du pape à faire entendre un «cri» pour la paix, plusieurs événements ont braqué les projecteurs sur le peuple ukrainien: une centaine de jeunes de Lviv ont participé le 30 juillet à une rencontre à la basilique Saint Jean Bosco. Assis en tailleur sur le sol, les membres du groupe ont témoigné de leur quotidien sous les bombes. «Toutes les nuits on entend des sirènes, on se réveille avec la peur, on court dans les abris et on prie», a confié Vicky à I.MEDIA.
La voix tremblante d’émotion, la jeune fille de 18 ans exprime son soulagement d’être à Rome, « parce qu’ici les journées sont tranquilles, nous n’entendons pas d’alarmes la nuit". "Mais quand je vois un avion, je sursaute. Nous vivons une période effrayante, tous les jours nos soldats meurent, nos enfants meurent, nos villes sont en deuil", a dénoncé Vicky, espérant que ce Jubilé soit l’occasion d’obtenir du soutien pour "que l’Ukraine redevienne un beau pays sans guerre".
Une paix désarmée
À quelques kilomètres, dans le centre historique, l’Action catholique italienne a organisé le même jour une rencontre avec Mgr Maksim Ryabukha, évêque auxiliaire gréco-catholique de Donetsk, qui s’est employé à "raconter la paix, désarmée, désarmante, humble et persévérante". Autour de lui, plusieurs délégations, dont des Espagnols et des Mexicains, écoutaient attentivement ses paroles, une certaine gravité se lisant sur les visages juvéniles.
La Corée un pays toujours séparé par la guerre
"La paix est un thème très spécial pour nous en Corée, où nous sommes séparés entre nord et sud", souligne Susie Kang, réagissant elle aussi chaleureusement à l’appel de Léon XIV. Souriante derrière ses lunettes, la jeune étudiante de 24 ans a investi jeudi l’église San Crisogono dans le Trastevere avec plus d’un millier de Coréens.
Se faisant le porte-parole de ses compatriotes vêtus uniformément d’un tee-shirt bleu marine et guidés avec autorité par des scouts disciplinés, Susie Kang a expliqué que pour sa péninsule d’Asie de l’Est, la paix prendrait la forme de la réconciliation du nord et du sud. Elle espère que les prochaines Journées mondiales de la jeunesse prévues à Séoul en 2027 aideront à améliorer les relations.
La paix n’est ni un mirage ni un simple slogan
Le 31 juillet en fin de journée, le cardinal Pierbattista Pizzaballa, patriarche latin de Jérusalem, a adressé aux dizaines de milliers de jeunes italiens réunis sur la place Saint-Pierre un message vidéo plaidant lui aussi pour la paix. "Tout semble parler de mort, de haine, de destruction, de violence, comme une nuit qui ne finit jamais", s’est-il désolé en évoquant "les morts, le manque de médicaments, le manque de nourriture, la faim" en Terre sainte.
Cependant "beaucoup de personnes croient encore que la paix n’est ni un mirage ni un simple slogan, mais une réalité concrète que l’on peut construire", a affirmé le patriarche. Et d’engager la jeunesse à une paix qui ne soit "pas seulement un vœu, mais une vie vécue et expérimentée".
Le 1er août, une prière œcuménique pour la paix doit avoir lieu à la basilique Santa Maria in Aracoeli, à l’initiative du réseau jésuite Magis, de la communauté de Taizé et du Chemin Neuf – perpétuant le refrain entonné par les jeunes générations. (cath.ch/imedia/ak/mp)