Fribourg, 22juillet(APIC/Sandra Lo Curto) Fin 1987 quelque 193 000 enfants étrangers en-dessous de 16 ans vivaient en Suisse. La plupart d’entre
eux fréquentent une école suisse, parlent le dialecte sans accent et sont
mieux intégrés dans la société que leur parents. Cependant les Eglises qui
sont toujours restées proches des immigrés n’arrivent plus à obtenir
l’adhésion des nouvelles générations.
Les missions catholiques en Suisse sont inquiètes: elles ont de la peine
à attirer dans leurs communautés religieuses les enfants des ressortissants
italiens, espagnols et croates. Depuis que dans la plupart des cantons
l’enseignement de la religion est obligatoire dans le programme scolaire,
l’enseignement religieux spécialement prévu par les Eglises étrangères à
l’intention des immigrés n’est plus guère fréquenté.
Dans les communautés italiennes catholiques, qui comptent 76’000 enfants, on remarque que ces dix dernières années les écoles organisées par
les missions internes ont dû fermer leurs portes les unes après les autres.
Selon le Père Bruno Zen de la mission italienne à Berne l’intégration des
enfants dans les écoles provoque la rupture d’un important lien avec leur
communauté missionnaire , "après la confirmation, les jeunes ne réapparaissent plus guère" ajoute-t-il.
Luis Rudé, délégué national des missions espagnoles, partage les mêmes
préoccupations en affirmant que "depuis peu ce phénomène surgit dans la
deuxième génération de travailleurs espagnols. Nos efforts de vouloir former des groupes de jeunes restent vains.
Une des raisons de cette perte de contact avec les jeunes, vient également du fait que leur foi est souvent en crise. En outre il est difficile
dans certaines régions d’établir un contact avec les espagnols qui ont le
permis de séjour "B". Notons qu’ils sont 110’000 en Suisse.
Les missions croates: une situation difficile
L’image que donne Simun Córi , aumônier de la communauté croate, est
plus sombre encore que celle des autres communautés religieuse étrangères:
il existe six missions croates en Suisse et quelque 80 lieux de rencontre
pour un total de 50’000 catholiques. Il en découle que cette minorité religieuse décentralisée demande un travail important pour les conseillers,
amis et prêtres de la communauté.
Les parents croates attendent des missions qu’elles enseignent à leurs
enfants à prier en croate. "Nos missions sont les seules institutions, qui
relient les enfants croates à leur pays. Ainsi doit-on leur enseigner l’histoire et la langue de leur pays", révèle le Père Simun. Pour les enfants
qui ont grandi en Suisse cela ne va pas de soi. La plupart d’entre eux sont
intégrés dans la communauté religieuse suisse, explique l’aumônier croate.
Il estime cependant qu’il y a encore de nombreux enfants croates qui n’ont
nulle part ou aller pour bénéficier d’un enseignement religieux.
Il y a quelques mois un centre catholique croate s’est ouvert à Berne
lequel devrait aussi servir de point de rencontre pour les jeunes. Mais le
recrutement de nouveaux cathéchètes pour entrer en contact avec les jeunes
croates reste difficile.
Dans les régions de campagnes l’intérêt pour les communautés religieuses
étrangères n’est pas forcément plus grand que dans les villes. Selon le
père Pietro Ducoli de la mission italienne dans les Grisons "la messe seule
ne peut pas intéresser les jeunes". Ces derniers, a-t-il ajouté, "seraient
plus intéressés si l’on organisait d’autres activités au sein de la communauté." Pour expliquer la relation des familles étrangères à l’Eglise
catholique, "c’est finalement l’attitude des parents par rapport à l’Eglise
qui est déterminante" conclut le Père Ducoli. (apic/slc/bcy)