La misère en Suisse existe: une majorité de femmes la vivent (190989)
Lucerne, 19septembre(APIC) Ne pas pouvoir s’offrir un café, devoir économiser sur le manger et les habits, ne pas être en mesure de se payer l’essentiel, le vital. Calculer et encore calculer en sachant que même le pain
et le beurre ne sont déjà plus à la portée du porte-monnaie au dixième jour
du mois. Cette situation, des femmes la vivent en Suisse. Elles en sont
victimes, et, avec elles, leurs enfants. Des responsables de groupes de
travail "tâches sociales" de la Ligue Suisse de Femmes catholiques se sont
récemment penchées sur le problème de la pauvreté des femmes, de la peur et
des sentiments de culpabilité les concernant.
Comment assumer seule la charge de l’éducation et de l’entretien de deux
enfants, s’il reste 900 francs pour faire tourner le ménage, toute dépenses
fixes déduites? Maria Weibel, chargée de l’accompagnement professionnel
d’une étude de la Ligue et de Caritas Suisse sur la pauvreté parmi les femmes, a posé la question aux participantes. En précisant que l’exemple cité
est courant. Car dans certains cas extrêmes, où après les dépenses fixes
déduites, il ne reste à la famille que 100 francs pour vivre. Comment ne
pas éprouver, face à cette situation, des sentiments de découragement et de
peur, de culpabilité et de tristesse envers les enfants, l’angoisse et les
insomnies?
Ces réalités, qu’on imagine dans le tiers monde où ailleurs, existent en
Suisse ne manière plus cachée. Dissimulées comme une honte. Une étude de
Caritas relevait récemment que 400.000 à 500.000 pauvres vivent en Suisse.
Et que les femmes, avant tout touchées, sont pour la plupart célibataires
ou mères seules avec charge de famille. Cette même étude indiquait en outre
que 18,2% des femmes, contre 8,2% d’hommes, n’ont que le minimum vital pour
vivre, sachant que le salaire moyen d’une femme est de 1700 francs par
mois, pour autant qu’elle travaille à plein temps.
Selon Maria Weibel, la cause de cette misère n’est pas due à une mauvaise formation, comme on l’admet souvent. Elle découle de la structure de
notre société, basée sur l’image familiale du père-nourricier et de la femme au foyer. Toute la structure sociale (école, assurances sociales, AVS)
s’appuie sur se schéma et défavorise la femme qui ne figure pas comme mèrenourricère, constate Maria Weibel avant de conclure: "La multiplicité des
formes de vie actuelles des femmes ne trouvent pas de compensations dans
les structures sociales de notre société". (apic/com/pr)