La loi sur la laïcité s’invite un peu partout en France. Même la Saint-Nicolas en a fait les frais, et par rebondissement, les enfants bien entendu, privés de leur fête traditionnelle dans une commune du nord de la France. Privés de leur fête. e
Des enseignants ont considéré que la croix et le missel du personnage sont contraires à la loi sur la laïcité, indique la chaîne de TV française TF1. C’était pourtant une tradition. Depuis onze ans, en effet, la municipalité de Coudekerque-Branche distribuait dans ses écoles, publiques comme privées, des friandises à l’effigie de Saint-Nicolas. Une fête célébrée le 6 décembre un peu partout, de la Suisse à la France, dans les régions de culture flamande notamment. Mais cette année, la fête a été gâchée. La faute à la loi sur la laïcité, selon les uns. Au zèle des instituteurs, pour d’autres. La municipalité et les enseignants, avec le recteur, se renvoient la balle. Quant aux parents, en colère, ils ne comprennent pas que leurs enfants soient privés de cette fête, que nombre d’entre eux ont vécu à l’époque de leur enfance.
Les enseignants, avant de proposer la figurine au chocolat à l’effigie de Saint-Nicolas, ont considéré que la mitre en carton, ornée d’une croix chrétienne, rajoutée, selon eux, sur l’emballage en papier argenté, est une entorse à la loi sur la laïcité, a commenté sur la chaîne française André Delattre, le maire socialiste de la ville. Qui dénonce, scandalisé, certains enseignants, coupables selon lui d’avoir arraché la mitre et parfois même gratté le missel et la croix du papier argenté. Cela, pour faire disparaître les signes religieux.
Parents et mairie outrés
"Les enseignants n’avaient à toucher à rien. Saint-Nicolas était évêque, il est toujours représenté avec sa crosse et son missel", relève le maire qui a préféré retirer les chocolateries pour éviter tout "risque sanitaire". Le préjudice de la municipalité est évalué à près de 4’000 euros.
L’inspection académique de Lille, invité par TF1 à se prononcer, tente de minimiser la portée du conflit, tout en admettant le côté "tout à fait regrettable" de cet incident. "Plus qu’un problème de laïcité", on évoque également "le climat délétère depuis plusieurs années" entre la municipalité et certains enseignants de cette école.
Les parents, outrés de l’attitude de ces derniers, ne mâchent pas leurs mots, qualifiant cet acte d’"absurde" et de "bête et méchant". D’une décision qui a privé des gosses de 5 à 7 ans de leur traditionnelle fête, et surtout du chocolat. à faire fondre tout bon Saint-Nicolas. (apic/pr)