Barcelone, 16décembre(APIC) La lettre pastorale des évêques espagnols intitulée "Dialogue et négociation pour la paix" du dimanche 13 décembre a
provoqué un malaise profond dans l’épiscopat espagnol. Le texte des évêques
du pays Basque, parue deux jours seulement après l’attentat perpétré par
l’ETA militaire, bien que condamnant les actions terroristes considère
l’autodétermination comme un droit propre de chaque peuple.
La lettre pastorale est divisée en cinq points et demande de rechercher
la paix par le dialogue et la négociation. Le troisième point est intitulé
"faire la paix et non se servir de la paix", et précise que le recours à la
torture lors d’enquêtes est un processus dégradant et immoral. Concernant
les voies de la paix dans le Pays Basque, les évêques entreprennent une
réflexion sur le modèle politique institutionnel et sur le débat concernant
l’autodétermination. Selon les évêques, "la réussite de la paix est une
victoire de tous, c’est pourquoi elle ne peut être retardée par des conditions signifiant la victoire d’une partie sur l’autre. Négocier ne signifie
pas dialoguer. La négociation ne peut être une phase prise dans une stratégie de lutte". Enfin, ils rappellent qu’on "ne peut légitimer le recours à
la force armée pour imposer un modèle politique déterminé sans en référer à
la volonté populaire".
Les évêques de Vitoria, Bilbao et San Sebastian recommandent non seulement un dialogue entre le gouvernement et l’ETA mais visent également à des
formules de négociations basées sur des "concessions mutuelles". Ces dernières déclarations ne satisfont pas une partie importante de l’épiscopat,
qui selon le quotidien "El Pais" "verrait d’un meilleur oeil une hypothétique déclaration d’excommunion des membres de l’ETA et des politiciens proches de ses thèses".
Selon les évêques espagnols: un texte inopportun
La Conférence épiscopale espagnole a publié mardi 15 décembre une déclaration intitulée "les évêques espagnols contre le terrorisme de l’ETA", selon laquelle il n’existerait pas de divergence entre les évêques sur le
terrorisme. A ce propos, ils rappellent leur "désapprobation collective et
catégorique ainsi que leur condamnation morale contenues dans le document
"Constructores de la paz" (Constructeurs de la paix) dont les textes furent
approuvés unanimement le 20 février 1986. Selon le Secrétariat de la Conférence épiscopale, une "lecture sereine" et attentive du document des
évêques basques montre clairement que ces derniers ne sont pas en contradiction avec les enseignements de la Conférence épiscopale.
Le texte du secrétariat de la Conférence des évêques espagnols rappelle
en outre que les "évêques dans leur diocèse respectif sont totalement
libres d’agir dans la pastorale conformément à leur conscience, mais également pleinement responsables de leurs actes sans que la Conférence épiscopale puisse se considérer juge ou arbitre de leur conduite". Néanmoins, le
communiqué de la Conférence épiscopale espagnole précise que le texte des
évêques basques "contient des éléments indiscutables et peut-être susceptibles de critiques dans quelques’unes de ses formulations, dans sa
perspective concrète ou dans l’opportunité de sa publication." (apic/cr/bd)