Léon XIV a dénoncé les conditions de vie «iniques et inhumaines» subies par certaines populations dans le monde – sans nommer de pays en particulier – en rencontrant, place Saint-Pierre, les participants au Jubilé des juristes, le 20 septembre 2025. Dans son discours d’un quart d’heure, le pape a aussi fait une allusion voilée aux législations en opposition au droit à la vie, invitant à retrouver «des valeurs oubliées» dans la société.
Dans le cadre du jubilé de cette année – grand évènement de l’Église catholique célébré tous les 25 ans –, 15’000 personnes œuvrant dans le domaine de la justice, venues d’une centaine de pays, se sont retrouvées le 20 septembre à Rome. Le pape leur a accordé une audience en milieu de journée, s’offrant un bain de foule en papamobile, avant de leur adresser un discours.
Depuis le parvis de la basilique Saint-Pierre, le pontife a invité les juristes à aller plus loin qu’une justice «réduite à la simple application de la loi ou à l’action des juges, ou […] aux aspects procéduraux». Pour «tendre vers la justice», il leur a recommandé «une attention constante, un désintéressement radical et un discernement assidu».
Le chef de l’Église catholique a appelé les experts engagés dans le domaine judiciaire à rechercher et promouvoir «des valeurs oubliées dans la vie en communauté». Il a alors fait allusion, notamment, aux législations contraires au droit à la vie – sans cependant les mentionner directement –, dénonçant des «comportements et des stratégies qui témoignent d’un mépris pour la vie humaine dès son apparition, qui nient les droits fondamentaux pour l’existence personnelle et ne respectent pas la conscience».
Sous les applaudissements de la foule, Léon XIV a aussi voulu attirer l’attention sur les «nombreux pays et peuples» subissant «des conditions de vie tellement iniques et inhumaines qu’elles en deviennent inacceptables». Et de citer saint Augustin pour avertir: «La république ne peut être gouvernée sans la justice».
Le mal ne doit pas seulement être sanctionné, mais réparé
«La grandeur de la justice ne diminue pas lorsqu’on l’exerce dans les petites choses, mais elle se manifeste toujours lorsqu’elle est appliquée avec fidélité au droit et au respect de la personne, où qu’elle se trouve dans le monde», a aussi affirmé le pontife américano-péruvien. Il s’est inquiété du manque d’accès à la justice pour certaines populations sur le globe.
Léon XIV a prêché pour la justice évangélique, qui va «toujours plus loin» que la justice humaine et «la pousse à rechercher la réconciliation». «Le mal ne doit pas seulement être sanctionné, mais réparé», a-t-il déclaré, voyant dans «la force du pardon» une «justice capable de vaincre le mal de l’abus».
Pour marquer ce jubilé, deux ambassades se sont jointes aux initiatives à Rome: l’ambassade de France près le Saint-Siège organise ce soir une disputatio sur le thème «Existe-t-il une guerre juste?» au musée Altemps. Et l’ambassade des États-Unis propose une conversation avec un juge de la Cour suprême des États-Unis, Samuel Alito, au palais de la Chancellerie. (cath.ch/imedia/ak/bh)