La formation continue pour tous (111191)
Berne, 11novembre(APIC) La formation continue doit faire partie intégrante de la vie professionnelle. Et cela pas seulement à cause de la situation
économique ou à cause du développement technologique. C’est ce que pense la
Confédération des syndicats chrétiens (CSC). Elle l’a répété lors d’une
conférence de presse donnée lundi à Berne. La CSC a demandé à son secrétariat central de préparer un texte constitutionnel pour éventuellement lancer plus tard une initiative populaire dans ce sens.
Pour que la formation continue devienne possible pour tous, la CSC veut
que le congé payé pour la formation soit inscrit dans la Constitution fédérale. Un nouvel article devrait prévoir cette possibilité. Ce nouveau droit
atteindrait au moins 5 jours par année. Chaque ouvrier ou employé devrait
pouvoir exiger ce droit sans craindre de représailles. Toujours d’après la
direction des syndicats chrétiens, le salaire, durant cette formation
devrait être versé par l’employeur, tandis que les frais de cours pourraient être mis en partie à la charge de l’employé. On réfléchit aussi à la
création de fonds de financement.
Les programmes de formation devraient être élaborés par les partenaires
sociaux en collaboration avec les écoles professionnelles. Ce programme devrait prévoir des cours se rattachant à la profession, mais pas exclusivement. Certains cours devraient permettre par exemple une meilleure compréhension de la société et améliorer la culture générale.
Hugo Fasel, président de la CSC, a fait remarquer que la mobilité du
travail est plus grande qu’autrefois. Actuellement un employé change environ 2 fois et demi de profession durant sa vie. Pour les changements de poste de travail, on arrive facilement à une moyenne de 6 à 8.
"Voilà une des nombreuses raisons pour une formation continue. D’autres
seraient par exemple de pouvoir comprendre le monde dans sa complexité ou
de développer ses facultés de communication", a dit de son côté Armand
Claude, de l’Académie de la formation d’adultes à Lucerne.
Les syndicats chrétiens en préparant cette initiative populaire veulent
éviter que la formation continue soit élitaire. Actuellement, la formation
est un luxe pour beaucoup. Certains la font dans leur temps libre et à
leurs propres frais. La formation liée à la profession est encore souvent
un privilège des cadres. Il faut que les employés moins qualifiés ou ceux
qui travaillent dans de petites entreprises puissent aussi être partie prenante. De même pour aussi les personnes, surtout des femmes, qui reviennent
à la vie professionnelle, après quelques années passées à la maison. Pour
toutes ces raisons, la CSC en proposant que la formation continue soit inscrite dans la Constitution fédérale, estime que cette démarche est une des
tâches les plus importantes de son rôle syndical. (apic/gb/ba)