La FIRMAC cherche, avec d’autres, des solutions (111291)
"La Terre, elle-même, dans sa totalité, est menacée"
Marola,(Italie) 11décembre(APIC) Le comité exécutif de la Fédération internationale des mouvements d’adultes ruraux catholiques (FIMARC), à l’issue d’une rencontre qui s’est tenue à la fin novembre à Marola (Italie),
déclare qu’il faut "assurer à la fois la protection de la nature et un développement équitable pour tous". Formidable enjeu! Mais selon le mot de
Federico Mayor, directeur de l’Unesco, "enjeu à ce point décisif qu’il n’y
a pas d’autres choix que de réussir"!
Dans un communiqué diffusé dans tous les pays où elle est implantée, la
FIRMAC en tant que porte-parole des populations rurales les plus concernées
et souvent les plus menacées, veut joindre sa voix à tous les appels qui
s’élèvent dans le monde pour crier l’urgence de rompre le cercle vicieux
d’un développememnt devenu directement destructeur de l’écosystème planétaire et finalement de l’homme. Car la Terre elle-même, dans sa totalité,
constate la FIRMAC, est menacée. Nous sommes arrivés à un moment de l’histoire humaine où la dégradation du sol et de l’environnement atteint le
point de non retour.
Le mouvement a pris au sérieux la constatation alarmante d’un paysan
italien: "Mauvais temps"!, répondait-il, quand on l’interrogeait sur la situation des paysans de sa région et dans le monde. Et la FIRMAC de faire
une brève description des causes de ce "mauvais temps" dans le monde:
Ici en Europe, la surproduction provoquée par la concentration de
l’agro-business et ses fermes industrielles entrainant la politique des
quotas européens et la dramatique baisse du revenu des exploitations familiales tandis que le prix de la terre se maintient dans les turbulences de
la spéculation.
Là-bas, poursuit la FIRMAC, dans les pays du Sud, la pénurie et la famine causées par la ruine des villages ruraux. Dépouillés de leurs terres
épuisées par la monoculture, chassés de leurs forêts nourricières par les
bulldozers des multinationales, les paysans et leurs familles viennent
grossir le nombre des chômeurs dans les bidonvilles.
Mais la FIRMAC ne veut pas en rester à une analyse pessimiste de la situation. Forte de sa foi en l’homme de la terre, travaillant avec le Créateur, elle veut se mobiliser. Dans une résolution finale, la FIRMAC dénonce
les graves atteintes à l’environnement et les effets destructeurs d’un développement souvent imposé de l’extérieur au mépris d’un usage raisonnable
de la nature et de ses ressources.
Elle veut aussi, avec d’autres mouvements et associations paysannes revendiquer en outre "le droit à l’autosuffisance alimentaire". Cela implique
l’usage prioritaire des ressources de la nature pour assurer les besoins
essentiels des groupes humains. Par ailleurs le comité exécutif est décidé
plus que jamais à assurer la recherche d’un équilibre entre des techniques
modernes et des pratiques traditionnelles pour un développement respectueux
de l’environnement.
Enfin la FIRMAC base les motivations de sa lutte dans sa foi au Dieu
Créateur qui invite les hommes à se reconnaître une place modeste dans
l’univers, à savoir celle de "gérants" de la terre et de ses ressources.
C’est pourquoi la FIRMAC "s’engage aujourd’hui, par ce ’mauvais temps’ à
soutenir la lutte des ruraux qui veulent transformer des situations d’injustice, de violence et de destruction, en espaces de dialogue, de relations fraternelles et de liberté". (apic/com/bf/ba)