"La fin de la tragédie que nous vivons dépend de la diffusion des vaccins", estime le professeur Andrea Arcangeli, directeur de la direction Santé et Hygiène du Gouvernorat de la Cité du Vatican, dans un entretien accordé au journal italien Il Messaggero, le 4 janvier 2021. Détaillant le plan de vaccination mis en place pour le Vatican, il "imagine" que le pape François se fera prochainement vacciner.
Les vaccins pour lutter contre la propagation du Covid-19 doivent arriver au Vatican au cours de la deuxième semaine de janvier, avait indiqué le Saint-Siège le 2 janvier dernier. La vaccination devrait débuter dans la deuxième quinzaine du mois. Les vaccins seront administrés dans l’atrium de la salle Paul VI par du personnel médical qualifié.
Les vaccins "sont la seule chance que nous ayons. La seule arme disponible pour garder cette pandémie sous contrôle", assure Andrea Arcangeli, répondant à une question d’Il Messaggero sur la défiance d’un certain nombre de personnes quant aux vaccins contre le Covid-19. Estimant que la "fin de la tragédie" dépend de leur diffusion, il reconnaît que l’homologation des vaccins s’est faite rapidement mais cela était dû à l’urgence de la situation et "aux investissements qui ont été faits par tous les États".
Les familles des personnes travaillant à la Curie seront prises en charge
"Personnellement, j’ai une grande confiance dans la science et je suis plus que convaincu que les vaccins disponibles sont sûrs et ne comportent aucun risque", confie celui qui est également en charge de l’unité de soins intensifs à l’hôpital Gemelli, à Rome. Affirmant qu’il se fera vacciner "sans aucun délai", il "imagine" que le pape François le fera également mais qu’il n’a pas la légitimité de se prononcer sur cette question.
Le professeur détaille par ailleurs les étapes du plan de vaccination qui doit s’opérer dans le plus petit Etat du monde ; un plan calqué sur celui de l’Italie. Seront vaccinés d’abord les médecins et le personnel de santé, puis le "personnel d’utilité publique". S’en suivront les citoyens du Vatican souffrant de pathologies particulières ou invalidantes, les personnes âgées et fragiles et, enfin, "progressivement toutes les autres". Les familles des personnes travaillant à la Curie seront également prises en charge, assure encore le médecin.
Le choix du vaccin Pfizer: une question de "timing"
Sans confirmer explicitement le chiffre de 10.000 doses commandées par le Vatican – un chiffre avancé par l’agence Télab en début d’année -, il laisse entendre qu’il s’agit-là d’une bonne estimation. Concernant le choix du vaccin Pfizer, le responsable Santé du Saint-siège explique qu’il s’agit avant tout d’une question de "timing", ce vaccin étant le seul "approuvé et disponible". "Plus tard, si le besoin s’en fait sentir, nous pourrons utiliser d’autres vaccins", ajoute-t-il.
À la fin du mois de décembre 2020, le Vatican avait par deux notes distinctes – une de la Congrégation pour la doctrine de la foi et une autre de la Commission Covid-19 et de l’Académie pontificale pour la vie – encouragé à la vaccination pour mettre un terme à la pandémie qui frappe le monde depuis un an. La Congrégation pour la doctrine de la foi considérait qu’il était "moralement acceptable" de recevoir des vaccins utilisant des cellules dérivées de foetus avortés dans leur processus de recherche et de production à deux conditions. D’une part, qu’il n’existe pas d’alternative disponible et, d’autre part, que la situation soit suffisamment grave. (cath.ch/imedia/hl/mp)