La croissance démographique n’est pas qu’une affaire de chiffres (180590)
Rome, 18mai(APIC) "L’expansion démographique n’est pas seulement une affaire de statistiques; il s’agit aussi d’un problème culturel et d’une
grande importance morale", a déclaré vendredi le pape Jean Paul II en réponse à la publication, il y a quatre jours, d’un rapport du Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP).
Selon le FNUAP, la population mondiale qui s’élève aujourd’hui à 5,3
millions d’être humains est en passe de s’accroître chaque année de 90 à
100 millions de personnes. A cette cadence, la population du globe pourrait
donc doubler ou tripler au cours du siècle. Ce qui, d’après le FNUAP, risque de provoquer une dégradation plus forte de l’environnement et de précipiter davantage de monde dans la pauvreté, spécialement dans l’hémisphère
sud. Le Fonds estime que la moyenne mondiale de 3,9 enfants par femme
devrait baisser à 2,73 d’ici les années 2000-2005 grâce à des efforts accrus pour la planification familiale, pour l’amélioration de la santé des
mamans et des enfants, ainsi que pour une scolarité des filles équivalente
à celle des garçons.
Le pape fait remarquer à ce sujet que "ce n’est pas l’expansion ou la
croissance démographique qui est incompatible avec un développement ordonné". Il condamne donc les pressions, "y compris les pressions économiques"
exercées sur les gens, surtout dans les pays pauvres, en vue de leur faire
accepter des programmes de contrôle démographique.
"L’Eglise appuie infatigablement la liberté des couples à décider des
enfants qu’ils auront, en accord avec la loi morale et leurs convictions
religieuses", a souligne le pape qui traitait du problème de la croissance
démographique dans son discours aux participants d’un congrès organisé par
l’Académie pontificale des Sciences sur le thème des "Forêts tropicales et
la conservations des espèces".
La croissance démographique est souvent citée comme une des causes majeurs de la destruction des forêts tropicales. C’est notamment le cas dans
le rapport du FNUAP. Mais il y a d’autres causes que le pape met aussi en
avant: "La lutte désespérée contre la pauvreté", notamment. Certaines formes de développement industriel, fait-il remarquer, ont poussé des pays à
déboiser leurs forêts tropicales. La dette extérieure a forcé en outre
d’autres pays à détruire de manière insensée leurs réserves de bois, en
espérant ainsi trouver des moyens de rembourser leurs créanciers.
Des intendants, non des maîtres
"Nous sommes des intendants, pas des maîtres absolus", insiste le pape
en parlant de la création. En tant qu’êtres créés, les hommes ont des obligations morales, dit-il. Ils sont notamment soumis à deux limites fixées
par leur Créateur: "Ne pas utiliser la nature contre soi-même, contre le
prochain ou contre les générations à venir"; l’homme ne peut faire ce qu’il
veut avec les créatures qui l’entourent".
La crise économique devrait donc être, conclut le pape, l’occasion d’une
prise de conscience renouvelée "de la place véritable de l’homme en ce monde et de ses rapports avec l’environnement". (apic/cip/jt/pr)