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    L’émigration : une problème toujours actuel

    La Congrégation des missionnaires scalabriniens a 100 ans (091187)

    Fribourg, 9novembre(APIC) Les Missions linguistiques (italienne, espagnole et portugaise) ont organisé à Fribourg du 6 au 8 novembre diverses manifestations pour marquer le centième anniversaire de la fondation de la Congrégation des Missionnaires scalabriniens. Vendredi soir s’est déroulée une

    table ronde : elle réunissait Mgr Eugenio Corecco, évêque de Lugano, qui a

    parlé des migrations comme d’"une chance pour réaliser la catholicité et

    l’unité des peuples", le Père Gianfausto Rosoli, du Centre d’Etudes de

    l’Emigration de Rome, qui a dressé les débuts et l’historique de la Congrégation, et le Père Antonio Perotti, du Centre d’Etudes de l’Emigration

    de Paris, qui a traité le thème "Nouvelle Europe : mérite et cause de

    l’émigration". Dimanche matin une Eucharistie a rassemblé migrants et indigènes dans l’église Sainte-Thérèse; Mgr Pierre Mamie, évêque du diocèse

    de Lausanne, Genève et Fribourg, a rappelé à cette occasion qu’il n’y a pas

    d’étrangers dans l’Eglise.

    Mgr Corecco, lors de la table ronde, a d’abord constaté que l’émigration

    n’est pas, à l’heure actuelle, un phénomène passager. Elle est un défi qui

    ne peut trouver de solution nationaliste, car la paix et la justice sont le

    fruit d’une coexistence pacifique. Antonio Perotti, lui-même Missionnaire

    scalabrinien, a mis en garde contre la tendance d’établir dans la société

    une stratification trop marquée, voire une sorte d’apartheid, en traitant

    différemment aux niveaux juridique et administratif les indigènes et les

    migrants. Dans son exposé il a souligné qu’il ne fallait pas viser à intégrer le travailleur étranger dans la vie professionnelle seulement, puisque celui-ci venait avec sa famille et désirait souvent rester dans le pays

    d’accueil. Il faut l’intégrer aussi dans la vie sociale, l’école, le quartier et la vie politique, afin qu’il participe aux prises de décision. Les

    possibilités actuelles de la communication permettent aux migrants de conserver leur culture, qui est une richesse à ne pas perdre.

    La nouvelle Europe est en gestation

    Plusieurs modèles politiques négatifs sont actuellement discutés au Conseil de l’Europe : Antonio Perotti a cité le modèle de l’apartheid et le

    modèle, plus fréquemment rencontré en Suisse, de la rotation, qui ne

    délivre pas de permis d’établissement aux migrants isolés, que l’on appelle

    les saisonniers. le modèle du Conseil de l’Europe voit le passage d’un pluralisme juxtaposant plusieurs cultures à un pluralisme interculturel.

    Antonio Perotti et Mgr Corecco, le premier partant de son expérience, le

    second de réflexions ecclésiologiques, ont abouti aux mêmes exigences. Il

    faut apprendre à considérer les minorités linguistiques comme une partie

    enrichissante de la société et de l’Eglise : en elles est visible la catholicité de l’Eglise universelles. Les Eglises locales ne doivent pas se contenter de les accueillir et de les défendre par compassion, mais elles doivent considérer cette tâche comme appartenant à leur mission.

    L’intégration dans l’Eglise ne peut se faire au pris de la perte de

    l’identité culturelle. La communion telle que la conçoit Vatican II n’est

    pas seulemment une exigence morale, mais un trait essentiel et un principe

    structurel de l’Eglise.

    La minorité, partie intégrante de la société

    Le Père Perotti a résumé en six points le modèle du Conseil de l’Europe

    : une volonté politique générale de considérer comme partie intégrante de

    la société les communautés immigrées; la lutte pour l’intégration sur tous

    les fronts : juridique, économique, politique, culturel; une volonté de renouveler le rôle et la fonction de l’école et du système éducatif; la formation des fonctionnaires et la critique du monoculturalisme des institutions; la convergence des visées entre la majorité et les groupes minoritaires; l’union des acteurs sociaux, basée sur la centralité du territoire

    et les problèmes y relatifs. (apic/ra/cor)

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