La Conférence des institutions d’éducation et des (050390)
Quelle subvention pour les écoles privées ?
Berne, 5mars(APIC) La Conférence des institutions d’éducation et des écoles catholiques de la Suisse (CECS), qui fête cette année ses 40 ans, a tenu son assemblée annuelle samedi 3 mars à Berne. "Les écoles catholiques
veulent donner un témoignage de foi, et cela dans tout les domaines de
l’enseignement, ce que l’école publique ne peut pas accomplir de cette façon" : c’est par ces mots que Gilbert Bugnon, président de laCECS, a défini
la tâche des quelque 70 écoles membres.
Moritz Arnet, secrétaire général de la Conférence cantonale des directeurs de l’éducation, a souligné lors de son exposé intitulé "L’école en
Suisse - où se situe l’école privée ?" le rôle des écoles privées dans le
domaine de la formation. "Dans les domaines du secondaire du second degré,
de la formation professionnelle non-universitaire et de la formation générale des adultes, l’école privée ne peut pas uniquement compléter un enseignement d’Etat, mais elle doit offrir en partie de réelles alternatives
ou jouer un rôle de pionnier", a-t-il déclaré avant de formuler une revendication : comme les écoles privées jouent un rôle public, elles devraient
bénéficier d’une contribution financière des cantons et des communes.
Les postulats présentés par Moritz Arnet en tant que représentant des
écoles de l’Etat ont été acceptés par les représentants des différentes associations d’écoles privées. Pour lui, il est nécessaire de se doter de
conditions-cadres pour la reconnaissance des diplômes, ce qui revêt une importance particulière dans l’optique de l’Europe de 1992. Il faut que les
gymnases en particulier collaborent et tiennent compte les uns des autres.
Moritz Arnet a cité le canton des Grisons comme un exemple de symbiose
réussie entre le canton et les gymnases privés.
Le financement : bourses, diminution de l’impôt ou subventions ?
Le soutien financier souhaité par les écoles privées est différent d’une
association à l’autre. Françoise Frei-Huguenin, présidente centrale de
l’Association des écoles privées de Suisse, aimerait que les élèves - et
non les écoles elles-mêmes - soient subventionnés, c’est-à-dire reçoivent
des bourses qui leur permettent de choisir de fréquenter l’école publique
ou une école privée. Moritz Arnet s’est montré favorable à une réglementation plus ouverte en matière de bourses, en particulier pour les étudiants
venant de l’étranger. Comme l’aide à la formation a été refusée, il faut
envisager, estime Ernst Preisig, président de l’association des écoles
évangéliques libres de Suisse, la possibilité d’une diminution de l’impôt.
Dans le canton de Berne, par exemple, l’on peut déduire 4’000 francs par an
et par enfant sur sa déclaration lorsque ce dernier fréquente une école
privée.
Bruno Santini, gérant de la CECS, a quant à lui déclaré à l’agence APIC
qu’il soutient le principe de subventionner également les écoles. D’un côté, une école catholique n’est pas simplement réservée aux élèves à problèmes ou aux parents aisés, mais elle est un élément constitutif du système
d’écolage suisse. D’un autre côté, les écoles privées sont souvent un facteur économique régional à ne pas négliger.
Perspectives pour 1990
Les perspectives d’avenir de la CECS, résumées par Bruno Santini, sont
claires : mettre sur pied des actions publicitaires communes et développer
les relations publiques; s’attacher plus profondément, lors des prochaines
journées d’étude, à la pédagogie des valeurs concrètes, appliquée à des
questions et des problèmes spécifiques; élargir et consolider la régionalisation; organiser des séminaires spécialisés, surtout en Suisse romande;
étendre l’activité de conseil du Centre; mettre au point une version abrégée des idées directrices de l’école catholique. Les 28 et 29 juin aura
lieu à Lucerne un séminaire sur le thème de l’écologie bureautique.
La CECS compte actuellement quelque 70 membres, qui représentent 20’000
écoliers et écolières. Si les gymnases sont en majorité, la CECS regroupe
aussi des écoles ménagères, des instituts de pédagogie curative, des écoles
spéciales pour handicapés et enfants souffrant de troubles de comportement
et des écoles paramédicales. Samedi l’association a admis huit nouveaux
membres, dont le collège des Ursulines de Fribourg, l’école ménagère de
Saint-Paul (Soeurs de Saint Paul de Chartres) à Porrentruy, l’école Valmont
à Lausanne, l’école catholique de Neuchâtel (Frères des Ecoles chrétiennes)
et le collège Mont-Olivet (Soeurs de la Présentation de Marie) à Lausanne.
Plusieurs écoles ont en outre été fermées par suite d’un manque de relève
dans les Ordres religieux. Pour Bruno Santini, il faut trouver des solutions qui évitent la fermeture. (apic/ra/cor)