La Communauté de travail des Eglises chrétiennes ira à Rome (290888)
Chaumont/Berne, 29août(APIC) Le voyage à Rome en novembre prochain de la
Communauté de travail des Eglises chrétiennes en Suisse (CTEC) n’est pas
remis en question, même si de nombreuses voix se font entendre du côté protestant pour déplorer le climat actuel "peu favorable à l’oecuménisme", affirme le pasteur neuchâtelois Richard Ecklin, secrétaire de la CTEC.
La lettre ouverte publiée dimanche et signée par Karin Bredull, pasteur
à Zurich pour l’oecuménisme, la mission et les problèmes de développement,
et le Père jésuite Albert Ebneter, et soutenue par quelque 80 personnalités
protestantes et catholiques engagées en Suisse alémanique et en Romandie
sur le front de l’oecuménisme, "aura du poids", estime le pasteur Ecklin,
car elle vient justement de personnes qui ont à coeur le progrès de l’oecuménisme dans notre pays et qui cherchent le dialogue. Ces questions et ces
craintes seront portées à Rome, souligne-t-il, ainsi qu’un "énorme dossier"
qui sera publié en temps utile.
A son avis, on a raison de s’inquiéter du climat créé par "le manque de
cohérence entre des belles déclarations sur le caractère irréversible de la
démarche oecuménique et des actes qui durcissent le climat oecuménique en
Suisse" : et de mentionner la récente nomination de l’évêque auxiliaire de
Coire ainsi que le document des évêques sur l’hospitalité eucharistique de
septembre 86, motif invoqué pour le renvoi d’une première visite de la CTEC
à Rome. Lors de la dernière session de l’Assemblée des délégués de la
Fédération des Eglises protestantes de la Suisse (FEPS) en juin dernier à
Yverdon-les-Bains, on avait failli assister à une grosse surprise : à l’occasion d’un vote demandé par la délégation de l’Eglise réformée d’Argovie,
29 voix s’étaient prononcées pour le voyage de la FEPS à Rome, 18 contre et
9 abstentions.
Les membres de la CTEC (formée de représentants de la FEPS, des Eglises
catholique romaine, catholique-chrétienne, évangélique-méthodiste, baptiste, l’Alliance des Eglises évangéliques-luthériennes et l’Armée du Salut)
se rendront 8 jours en novembre à Rome sans les délégués baptistes, dont
les réticences sont trop fortes. La CTEC, affirme son secrétaire, va à Rome
essentiellement dans le but de poursuivre le dialogue avec le Secrétariat
pour l’Unité des chrétiens présidé par le cardinal Johannes Willebrands et
rencontrer les principaux dicastères du Vatican. Outre une rencontre avec
le pape Jean Paul II, la CTEC prévoit encore de visiter l’Eglise vaudoise
du Piémont, les méthodistes, les salutistes qui se trouvent dans la capitale italienne. (apic/be)