La Communauté de Travail des Eglises (061187)
Grandchamp/Berne, 6novembre(APIC) Le voyage à Rome de la Communauté de
Travail des Eglises chrétiennes en Suisse (CTEC), reporté en raison du document des évêques sur l’hospitalité eucharistique, aura probablement lieu
à la fin de 1988. C’est ce que les membres de cette Communauté ont décidé
lors de leur dernière rencontre les 26 et 27 octobre à Grandchamp. Un communiqué donnera les détails de ce voyage.
En dépit de la querelle qui les oppose à propos du document sur l’hospitalité eucharistique, les Eglises représentées dans la Communauté de Travail des Eglises chrétiennes en Suisse (la Fédération des Eglises Protestantes de la Suisse, l’Eglise catholique chrétienne, l’Eglise catholique
romaine, l’Eglise méthodiste, l’Armée du Salut, la Fédération des Eglises
luthériennes, la Fédération des communautés baptistes) ont donné leur consentement pour le voyage à Rome et fixé une date approximative : fin 1988.
Que le voyage à Rome soit possible prouve que la confiance mutuelle est en
train de s’affermir. Le colonel Silfverberg, qui représente l’Armée du Salut au sein de la CTEC depuis sa fondation en 1971, déclare dans une interview accordée à l’agence APIC : "Nous aimerions bâtir avec soin la confiance réciproque"
Pas une visite "souterraine"
Quels points principaux concernant le voyage à Rome ont-ils été discutés
lors de la dernière assemblée de la CTEC ? Le colonel Silfverberg affirme
que "le thème de la visite à Rome sera l’évangélisation, qui est l’une des
préoccupations essentielles du pape, mais aussi la nôtre". Un autre point :
l’opinion publique doit être tenue au courant sur ce voyage , afin que celle ne soit pas une visite "souterraine".
Les thèmes : la paix, la justice, la sauvegarde la création
Parmi les thèmes traités se trouve l’"Alliance pour la paix, la justice
et la sauvegarde de la création" : en 1982 l’assemblée générale de l’Alliance Réformée Mondiale (ARM) a lancé à Ottawa une "Alliance pour la justice, la paix et la sauvegarde de la création", parce que "la foi en JésusChrist implique un tel engagement". L’assemblée générale du Conseil Oecuménique des Eglises (COE) à Vancouver a pris connaissance de cette initiative
en 1983. Lors du Rassemblement (Kirchentag) de l’Eglise évangélique allemande en 1985, Carl-Friederich von Weizsäcker lançait un appel aux Eglises
pour qu’elles se réunissent en un "Concile pour la paix". En 1986 était
publié son ouvrage "Die Zeit drängt" ("Le temps presse", chez l’éditeur
Karl Hanser à Munich). En septembre, 1986 la Conférence des Eglises européennes (KEK) décidait de tenir en 1989 une "Conférence du Nord" intitulée:
"Paix et justice". Le Conseil des Conférences épiscopales européennes
(CCEE) a récemment répondu à l’offre de la KEK et promis sa collaboration.
En préambule à ce qui s’appelle désormais "Assemblée mondiale sur la justice, la paix et la sauvegarde de la création", (en non plus "Concile pour
la paix"), la Conférence des Eglises européennes (KEK) et le Conseil des
Conférences épiscopales européennes (CCEE) ont décidé, à l’invitation du
gouvernement bâlois, d’organiser du 15 au 21 mai 1989 le rassemblement oecuménique européen "Paix et justice". Au sein de la Communauté de Travail
des Eglises chrétiennes en Suisse, on est unanime : "Nous croyons que les
Eglises a quelque chose à apporter et à dire au sujet des problèmes de
notre temps". En principe ces initiatives sont soutenues; elles sont une
question de témoignage commun. "Réussissons-nous, se demande-t-on au sein
de la CTEC, à parler ensemble de ces questions en chrétiens, comme si nous
nous trouvions devant le Christ ?". L’Assemblée oecuménique mondiale est
fixée à 1990. Le temps presse, il est important de donner un témoignage
chrétien et de montrer le chemin.
CH91 et le Jeûne fédéral
La CTEC prend au sérieux sa mission de réaliser les parties du programme
des festivités organisées à l’occasion du 700ème anniversaire de la Confédération qui ont été maintenues. Même après la votation populaire négative au sujet d’une exposition nationale en Suisse centrale, les moments importants, comme la journée du Jeûne fédéral ou le "Friedensmahl" ("Le Banquet de la paix"), la pièce de W.J. Hollenweger, seront conservés. La CTEC
est consciente que le Jeûne fédéral a une longue tradition, que celle-ci
s’affadit peu à peu et que la dimension religieuse s’est perdue. Le Jeûne
fédéral devrait être un point important du jubilé de 1991. Il faudra travailler à un renouveau au niveau local pour préparer les prochaines
célébrations du Jeûne fédéral. L’idée d’un lieu de recueillement le long de
la "route suisse" (autour du lac des Quatre-Cantons) doit être poursuivie.
Une autre question a été discutée : celle de savoir si les chapelles
existantes et celles qui seront construites pourront être ouvertes à un
usage oecuménique.
Continuer à bâtir dans la confiance mutuelle
Le colonel Silfverberg, qui peut compter sur sa longue expérience au
sein de la CTEC et qui remet maintenant son mandat, désirerait que les
membres de la Communauté puissent continuer à travailler dans un climat de
confiance mutuelle et à être éclairés sur l’essentiel dans la hiérarchie
des vérités. "L’Armée du Salut n’était pas opposée aux sacrements", déclare
Silfverberg, "seulement elle ne pouvait pas les intégrer dans son histoire
vu les circonstances. Ainsi il en résulte que nous n’usons plus des sacrements, mais ce qu’ils signifient, leur contenu religieux, est quand même
important pour nous". Finalement Silfverberg constate : la CTEC a beaucoup
contribué à approfondir la fraternité réciproque". (apic/eg/cor)