La Communauté d’Emmaüs de Fribourg prend un nouveau départ
lait à la Route de la Pisciculture à Fribourg dans les anciens locaux d’une
fabrique désafectée. Un bâtiment idéal situé non loin de la Sarine, proche
de la ville et de surface suffisemment grande pour abriter 5 à 8 compagnons. Habitation, ateliers, magasin de bric à brac, tout y était. Pourtant
aujourd’hui cela ne suffit plus. La communauté d’Emmaus de Fribourg se lance dans un vaste aggrandissement de ses locaux.
Cette grande transformation commence ces jours. Le visiteur est frappé
par une fébrile et joyeuse agitation. Tout d’abord nous sommes attirés par
le magasin ou sont entreposés une multitude d’objets disparates: un vrai
bazar. Beaucoup de gens circulent , les uns apportant des meubles, d’autres
dénichant le livre ancien ou un candélabre de style. Au deuxième étage, des
compagnons travaillent ferme. On aménage des ateliers de menuiserie et de
mécanique qui permettront de réparer les meubles de tout genre qui sont venus de partout, comme de tester les appareils électriques ou mécaniques.
Enfin pour permettre un "va et viens" entre le magasin et les ateliers, un
monte-charge vient d’être installé.
Daniel Mauron, responsable de la communauté Emmaüs de Fribourg, explique
les raisons de ce branle-bas. "C’est d’abord la décision de l’entreprise de
carrelages Dubuis frères, attenante à nos locaux, d’aller s’installer ailleurs qui nous a fait réfléchir. C’était une occasion inespérée de nous
mettre à l’aise, d’accueillir d’autres compagnons, et d’offir nos services
dans des locaux plus vastes et plus aérés. Le magasin autrefois était fort
sombre et quelque peu lugubre. Une autre raison nous a poussé à aller de
l’avant: de toutes façons, l’état de notre toiture, qui par endroit prenait
l’eau, méritait une complète transformation."
A la question: où trouvez-vous les fonds pour une si vaste entreprise?
Daniel Mauron rappelle tout d’abord que les communautés d’Emmaüs sont totalement indépendantes de l’Etat et des Eglises et qu’elles vivent uniquement
du produit du travail des compagnons. Certes elles acceptent des dons en
argent ou en nature, mais ne recoivent aucun subside officiel. Par conséquent, l’essentiel de l’argent pour couvrir les transformations à Fribourg
provient des autres communautés d’Emmaüs qui sont près de 300 dans le monde
entier.
Le responsable de la communauté espère que l’aggrandissement de la communauté et de leurs locaux de travail ne modifiera pas l’esprit de camaraderie et de simplicité que vivent depuis toujours les compagnons. Ces derniers se rappellent des conditions très précaires des débuts. "Parfois
c’était rude, mais nous avons toujours tenu le coup. Ce qui nous aide énormément ce sont les relations humaines que nous avons avec les gens. C’est
simple, direct, cordial, mais il faut que les gens nous acceptent tels que
nous sommes, "à la bonne franquette". Dans notre magasin viennent des gens
de toutes conditions sociales et nous allons chercher des objets dans de
simples appartements d’HLM comme dans des villas. En général, encore une
fois, les relations sont excellentes, mais nous gardons notre manière de
vivre et de parler, bref, nous restons nous-mêmes".
Daniel Mauron ajoute: "Nous avons décidé de nous aggrandir. Ainsi une
quinzaine de compagnons pourront vivre ici et nous augmenterons nos services dans un rayon d’action qui aujourd’hui déjà dépasse largement la ville
de Fribourg. Avec un peu plus de confort, çà ne fera pas de mal, mais nous
ferons tout pour que subsitent la simplicité et la cordialité".
E N C A D R E
Le mouvement "Emmaüs" est né en novembre 1949. Dans la banlieue parisienne, l’abbé Pierre prend conscience du drame des familles de travailleurs sans logis et les aide à construire des logements de fortune, au besoin dans l’illégalité.
En novembre 1949, sa rencontre avec un homme seul, désespéré, marque la
naissance du mouvement Emmaüs. Au lieu de lui donner une aumône ou de proférer de bonnes paroles, l’abbé Pierre lui demande de venir "l’aider à
l’aider", l’aider à donner un logement , aussi précaire soit-il, aux familles sans logis".
Comme l’affirme le Manifeste Universel du mouvement Emmaüs, le but de ce
mouvement est de "servir le plus souffrant" pour ainsi servir la paix dans
la justice. Il s’agit de la rencontre et coopération entre hommes privilégiés et hommes qui ne possèdent plus de raison de vivre.
Une de leur originalité: "Partout où cela est possible, le travail de récupération permet de redonner valeur à tout objet et de multiplier les possibiltés d’action d’urgence au secours des plus souffrants."