Les femmes ont la parole
Delémont, 2avril(APIC) Il y a juste une année, la Conférence des évêques
suisses se dotait d’un nouvel organe consultatif. Elle nommait en effet les
quinze membres de la Commission "Femmes dans l’Eglise"(CFE). Opérationnelle
depuis mai l989, la CFE examine d’une part les thèmes relatifs à la pastorale, à la vie ecclésiale et sociale de l’Eglise catholique suisse. D’autre
part, elle propose un programme composé des préoccupations féminines essentielles.
Représentative à la fois des quatre régions linguistiques et de l’éventail des conditions sociales, la CFE se compose de huit femmes mariées,
quatre célibataires, une divorcée et deux religieuses. Le Jura est représenté par Mme Jeanine Ory-Brahier de Delémont où la CFE siègera les 6 et 7
avril prochains au Centre Saint-François. Outre la constitution du bureau
de la commission, les membres aborderont le thème de la formation. Formation de base et formation continue de la femme dans l’Eglise. La session
devrait aboutir à des propositions concrètes dans ce domaine.
La CFE s’est réunie à trois reprises l’an dernier. Elle a été appelée à
donner son avis sur le document de la Conférence des évêques suisses relatif à la formation des prêtres.Un avis qui s’est montré critique face à la
quasi absence des laics et des femmes dans les textes. Et face à la formation qui, selon la Commission, n’est pas suffisamment intégrée dans la
vie actuelle. Les premières sessions ont également essayé d’apporter une
définition de la laïcité et de la mission des laïcs dans l’Eglise. Pour
Jeannine Ory, les laïcs ont aussi une vocation d’évangélisation.
Les prochains thèmes qui seront abordés à la CFE auront notamment trait
au bénévolat dans l’Eglise, ceci à la demande de Mgr. Gabriel Bullet, évêque auxiliaire à Lausanne et responsable de la CFE. La commission sera en
outre appelée à étudier le texte de Jean-Paul II "Mulieris et dignitatem"
qui est une lettre portant sur la dignité de la femme.
Principales revendications.
La toute jeune CFE sait ce qu’elle veut. Pour les femmes et pour l’Eglise.
Une Eglise qui se doit de retrouver un visage à dimentions humaines et qui,
pour cela, a besoin du charisme et de la sensibilité des femmes. Dans cette
optique, la CFE souhaite notamment que la voix des femmes soit entendue
avec l’esprit de Vatican II. Même si la Commission n’est qu’un organe consultatif de la Conférence des évêques suisses, elle doit avoir la possibilité d’être reconnue au niveau décisionnel.
Par ailleurs,la CFE entend également faire valoir non seulement la dignité de la femme, mais aussi ses droits, ses devoirs et ses libertés. Pour
Jeannine Ory, les sujets tabous n’existent pas. Craintes, malentendus et
préjugés devraient être abolis pour que s’instaurent dialogue et partenariat entre les hommes et les femmes qui colorent la mosaïque de l’Eglise
catholique suisse.(apic/ba)