Une adaptation à l’écran de la pièce de théatre de karol Wojtyla
MonTréal, 25aout(APIC) Le cinéaste anglais Michael Anderson achève ces
jours-ci au Canada le montage d’un film tiré de la pièce de théatre écrite
par le pape alors qu’il était jeune éveque polonais, "la Boutique de
l’orfèvre". Financé par une coproduction franco-italo-canadienne, ce spectacle écrit par Karol Wojtyla, parle de l’amour et du mariage, suivant un
scénario qui plonge le canevas philosophique de la pièce dans le contexte
de la vie quotidienne de la pologne de la dernière Guerre mondiale et du
Canada de l’après guerre et des "Sixties". Ce film a été tourné à Cracovie,
dans les montagnes Tatras des Carpates et à Montréal.
Le principal scénariste, l’Italien Mario di Nardo, un proche du Vatican,
et le réalisateur britannique, qui a tourné auparavant "Les Souliers de
Saint-Pierre" et "le Tour du Monde en 80 jours", veulent illustrer de façon
concrete et accessible au grand public la réflexion de l’auteur dramatique,
aujourd’hui pape, sur la valeur de l’amour et des difficultés du mariage.
ce film sera présenté vers Noel en avant-première à Rome devant le pape,
puis simultanément à Paris, au Canada et en Pologne.
Comme le drame de Karol Wojtyla, le film est construit autour de la vie
de trois couples au destin dissemblable très représentatif du monde du
XXème siècle: Therese et André qui meurt à la guerre après lui avoir donné
un fils, Christophe; Anna et Stéphane, parvenus à la prospérité en gagnant
le Canada mais tombés dans une cruelle mésentente; et le troisième couple,
formé par Christophe et la fille d’Anna et Stéphane, Monique, longtemps
réticente à l’idée d’un mariage à cause de l’exemple peu engageant de ses
parents.
Une histoire de la pologne contemporaine et de l’émigration
Le scénario du film remonte un peu en amont de l’intrigue de la pièce
écrite écrite en 1960 par karol Wojtyla, en évoquant à travers le personnage du Père Adam la figure du futur éveque de Cracovie longtemps resté aumonier d’étudiants avec un grand charisme auprès des jeunes. Utilisant le
thème historique de l’émigration polonaise, les scénaristes imaginent le
départ au Canada d’un des couples puis de la veuve de l’autre. Ainsi les
difficultés de la formation du troisième couple, formé par les enfants des
deux premiers, seront situées dans le monde capitaliste des années 60. Mais
pour réussir ce troisième mariage, Christophe, le fils de Thérèse et du
défunt André mort à la guerre, décidera de le célébrer en Pologne.
La distribution utilise les talents d’acteurs prestigieux ou de jeunes
débutants souvent pleins de promesses: le role de l’orfèvre, personnage
substitut qui choisit les alliances de Dieu, est tenu par Burt lancaster,
qui a joué le role de Moise dans un film précédent; le Père Adam, apparenté
ici au jeune Wojtyla, est incarné ici par Daniel Olbrzychski, le célèbre
comédien des films de Wajda. Le role de Therese, la veuve fidèle à son mari, est tenu par Olivia Hussey, qui a représenté la Vierge Marie dans le
"Jésus de Nazareth" de Zeffirelli.
A coté de Ben Cross qui joue le role de Stephan, l’époux volage, les roles d’André l’époux tué à la guerre et d’Anna l’épouse délaissée de stéphane sont tenus par deux jeunes acteurs italiens qui jouent les amoureux dans
la "Famille" d’Etorre Scola", Andrea Occhipinti et Jo Champa. Les roles de
Christopher et de Monica, les deux jeunes tourtereaux, sont joués par deux
tout jeunes comédiens de 18 et 19 ans, Jonathan Crumbi, fils d’un ministre
canadien et déjà acteur de téléfilms dans son pays, et Mellora Hardin,
américaine qui vit en partie à Paris et en partie à Los Angeles.
Un film tourné sous les conseils d’un prélat polonais
La totalité du tournage a été suivie par un prélat polonais, Mgr janusz
Pasierb, écrivain et professeur d’histoire de l’art qui représente ici la
"Commission de la Librairie vaticane sur les écrits de Karol Wojtyla". Cet
homme d’Eglise, auquel plusieurs acteurs ont demandé conseils, collabore
étroitement avec le réalisateur anglais Michael Anderson pour maintenir
l’équilibre spirituel du film et son aspect artistique. Il considère que ce
spectacle de grande diffusion pourrait "aider le pape dans sa mission pastorale", mais précise qu’il s’agit là d’une initiative privée et non d’une
démarche officielle de l’Eglise.
le co-producteur français, un jeune homme d’une trentaine années qui
s’est marié lui-meme pendant le tournage, Philippe Rebboah, projette déjà
une réalisation internationale, l’adaptation à l’écran et à l’époque actuelle de "L’annonce faite à Marie" de l’écrivain Paul Claudel. (apic/cr)