La béatification de Mgr Escriva? (060292)
Madrid, 6 février(APIC) Le préposé général des Carmes Déchaussés, le Père
Camillo Maccise (Mexique), conteste l’opportunité de la béatification de
Mgr Escriva de Balaguer, le fondateur de l’Opus Dei. Le Père Maccise, qui
aborde en outre le conflit qui oppose le CELAM (Conseil épiscopal latinoaméricain) et la CLAR (Conférence latino-américaine des religieux) à propos
du projet d’évangélisation, s’exprime de plus sur la division de sa famille
religieuse en relevant que l’approbation des deux constitutions montre
qu’il y a deux façons de concevoir la fidélité.
Dans une interview accordée au quotidien espagnol "Ya", le Père Maccise
regrette la "décision précipitée" en ce qui concerne cette béatification.
"On ne met pas en cause la sainteté du fondateur de l’Opus Dei, mais l’opportunité de cette décision", précise-t-il avant d’ajouter: "Le moment présent est très polémique. Si on avait attendu encore quelques années, une
polémique aussi vive ne se serait probablement pas produite. L’histoire
nous apprendra en tout cas si cela a été opportun".
Interrogé à propos du cinquième centenaire de l’évangélisation de l’Amérique, le Père Maccise affirme que toute l’Eglise est d’accord pour dire
que cette commémoration doit avoir un double sens: l’action de grâce et le
pardon. "Il faut, dit-il, une nouvelle évangélisation, qui soit respectueuse des cultures et qui agisse pour la justice".
Le préposé général des carmes estime que le projet d’évangélisation de
la Conférence latino-américaine des religieux (CLAR) "Parole et Vie" abandonné après le désaveu de Rome, "n’a inquiété que ceux qui avaient de
l’Evangile une conception académique éloignée de la vie". En réalité, le
conflit a opposé le Conseil épiscopal latino-américain (CELAM) et la CLAR
plus que celle-ci et les autorités romaines. "Après avoir atténué un certain nombre d’expressions, ajoute le Père Maccise, on a vu que c’était un
projet légitime qui a été assumé par certains évêques".
De même, la nomination d’une religieuse au poste de secrétaire général
de la CLAR, désavouée également par Rome, doit être vue comme "une tension
entre la direction de la CLAR et celle du CELAM plutôt que comme un affrontement entre les évêques et les religieux". Pour le Père Maccise, "la CLAR
a assumé la décision du Vatican dans un esprit d’obéissance".
A propos de la division de sa famille religieuse, le préposé général des
carmes est d’avis que "le fait que deux Constitutions ont été approuvées
met fin à une longue polémique. Ce sont deux manières de concevoir la fidélité. (apic/cip/pr)