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    Le pape Jean Paul II salue le travail accompli depuis cent ans

    L’Université de Fribourg fête son centenaire (151189)

    Fribourg, 15novembre(APIC) Le pape Jean Paul II, dans un message signé

    par le cardinal Agostino Casaroli, secrétaire d’Etat du Vatican, a salué

    mercredi 15 novembre à l’occasion de la fête du centenaire de l’Université

    de Fribourg "le labeur inspiré d’humanisme chrétien qui a été accompli depuis cent ans par votre Athénée". Le "dies academicus" revêtait en effet

    cette année un aspect solennel, puisque l’"Alma mater friburgensis", l’Université des catholiques de Suisse, démarrait à cette occasion les festivités de son jubilé.

    Une soixantaine d’Universités d’Europe de l’Est (de la Pologne à l’Arménie soviétique), d’Amérique, d’Afrique et d’Asie avaient envoyé des représentants à ce "dies academicus" exceptionnel placé sous la présidence

    d’honneur de l’ancien président de la Confédération Kurt Furgler. De très

    nombreux représentants des autorités politiques et judiciaires cantonales

    et fédérales ainsi que des responsables des différentes Eglises, du corps

    diplomatique et des organismes universitaires ont participé à cette journée

    placée sous la devise "Science et Sagesse".

    La cérémonie a débuté par une messe en l’église du Collège St-Michel

    présidée par le cardinal Carlo Maria Martini, archevêque de Milan, entouré

    de Mgr Edoardo Rovida, nonce apostolique en Suisse, de Mgr Pierre Mamie,

    évêque du diocèse, d’autres évêques et d’une cinquantaine de prêtres. Le

    cardinal jésuite a souligné, en ce jour de la fête de Saint Albert le

    Grand, l’actualité de cet évêque à la connaissance universelle. Ce dernier,

    en effet, n’a pas seulement cultivé les sciences humaines, mais aussi les

    sciences naturelles. En ce sens, il a fait preuve de modernité, car personne ne nie aujourd’hui que rien n’est vraiment éloigné des nécessités du

    peuple de Dieu et des besoins du présent et du futur de l’humanité.

    Rappelant que l"’Université est avant tout une cité où abondent les bons

    maîtres" - il a cité pour Fribourg feu le cardinal Journet et le dominicain

    Ceslas Spicq, "maître de tous les exégètes du monde" - il a encore souligné

    la nécessité d’écouter le "maître intérieur", de se laisser diriger par

    lui. En effet, en un temps où il y a tant de changements dans l’Eglise et

    dans la société, à l’Ouest comme à l’Est, il n’est pas toujours possible de

    se référer à une sagesse écrite dans l’Eglise et prévue par la tradition.

    Dans son allocution sur la science et la sagesse, Augustin Macheret,

    recteur de l’Université de Fribourg, a évoqué le long cheminement de la

    science pour sortir de l’état de subordination dans laquelle la maintenait

    la théologie, "savoir suprême", "sagesse parmi les sciences". La science

    ayant fini par prendre au XIXe siècle une "revanche éclatante, arrogante

    même", a triomphé dans ce qu’il est convenu d’appeler le scientisme : la

    science peut tout et a réponse à tout! Les savants forment une classe, remplacent les clercs et construisent une nouvelle Eglise.

    Mais aujourd’hui, devait-il rappeler, la science et les savants réalisent qu’ils ont développé de nouveaux pouvoirs (énergie nucléaire, génétique, procréation artificielle...) qui, s’ils améliorent la condition humaine, peuvent aussi menacer l’univers. D’où la nécessité de poser des questions sur les valeurs, de développer une éthique. Le recteur faisait ainsi

    écho au pape Jean Paul II qui demande dans son message à toutes les Facultés de l’Université, et non seulement à celle de Théologie, de développer

    encore la recherche et l’enseignement dans les divers domaines de l’éthique. Le pape souligne encore combien les jeunes en particulier "ont un besoin urgent de lumière sur le sens de la vie et sur la hiérarchie des valeurs".

    Notons encore, dans l’abondante moisson des distinctions académiques attribuées lors du "dies academicus" - treize titres de docteurs honoris causa - ceux décernés par la Faculté des lettres au musicien fribourgeois Norbert Moret et au journaliste de la Neue Zurcher Zeitung (NZZ) Hanno Helbling, responsable du "feuilleton" de la NZZ et correspondant à Rome lors du

    Concile Vatican II et celui de la Faculté des Sciences économiques et sociales à l’économiste français Serge-Christophe Kolm, "pour avoir redonné

    la dimension morale à la science économique". L’historien Urs Altermatt,

    qui a "contribué à une réflexion historique et critique sur le catholicisme

    suisse" est l’un des deux lauréats du Prix du Prince "Franz Josef II du

    Liechtenstein". (apic/be)

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