L’Université de Fribourg et sa vocation spirituelle (290189)
Fribourg, 29janvier(APIC) Université d’Etat, mais également Université
des catholiques suisses, l’Alma Mater Friburgensis naissait il y a un exactement un siècle. A l’occasion du centième anniversaire de la Romania, première section de la Société des étudiants suisses (SES) à Fribourg, et en
prélude aux célébrations du centenaire de l’Université prévues tout au long
des semestres d’hiver et d’été 1989/1990, la Sarinia et l’Alemannia organisaient samedi un symposium sur "L’Université de Fribourg au XXIe siècle".
Une occasion pour la centaine de participants, étudiants et anciens étudiants portant couleurs, de s’interroger sur la vocation spirituelle de
"leur" Université.
"Si Fribourg a quelque chose de particulier à défendre et à réaffirmer
dans le contexte actuel, c’est à mon sens la profonde convergence de l’identité spirituelle qui lui est propre en tant qu’Université des catholiques suisses, et des aspirations humanistes de l’ensemble du monde civilisé", a souligné Mgr Amédée Grab, évêque auxiliaire du diocèse. Citant
l’Exhortation apostolique "Evangelii Nuntiandi", l’un des derniers grands
textes du pape Paul VI, Mgr Grab a rappelé que la rupture entre Evangile et
culture est sans doute le drame de notre époque.
Les cultures doivent être régénérées par l’impact de la Bonne Nouvelle,
mais cet impact ne se produira pas si l’on ne l’annonce pas : l’Evangile
doit donc être proclamé ! Ainsi, comme l’affirme Paul VI, la réconciliation
de la foi et de la culture, la pénétration de la culture par l’Evangile,
sont l’objectif essentiel de l’évangélisation à tous les niveaux.
Evangéliser la culture
"Cela doit valoir d’une façon tout à fait particulière pour notre Université", a poursuivi Mgr Grab. Mais l’évangélisation de la culture, ce
n’est pas seulement la réaffirmation purement formelle d’une identité spirituelle mal définie et d’aspirations humanistes non formulées, cela demande une prise de conscience objective, critique, de ce qui fait la culture
du moment. Cela exige aussi de connaître l’Evangile, "et là, l’Université
des catholiques suisses n’a pas à inventer son chemin, affirme Mgr Grab, le
chemin de l’évangélisation, c’est celui de Vatican II;" Finalement, l’identité spirituelle du chrétien ne se limite pas à sa foi ni à sa culture religieuse : "elle se manifeste dans l’agir chrétien et les professeurs et
les étudiants de nos facultés seront fidèles à leur identité chrétienne s’ils vivent en chrétiens".
"L’Université peut-elle être encore sauvée?", s’est demandé le Prof.
Aloïs Ricklin, de Saint-Gall. Il a rappelé que depuis 1950, démocratisation
des études oblige, le nombre des étudiants universitaires en Suisse avait
presque quintuplé (ils sont passés de 16’500 à 78’500) alors que l’intendance n’a pas suivi. Il y a par ex. 221 étudiants en psychologie pour un
professeur à Zurich... Tirant la sonnette d’alarme, il dénonce une baisse
de la qualité des études et la dégradation du climat social si rien ne
change.
Vice-président du Conseil de l’Université, Urs C. Reinhard a dressé
l’inventaire des spécialités et des qualités qui caractérisent l’Université
de Fribourg et font sa réputation. Il a toutefois mis en garde contre le
risque de divergences entre les sections française et alémanique de la Faculté de théologie, en évoquant le danger de "louvanisation" (éclatement de
l’Université catholique bilingue de Louvain, en Belgique, il y a vingt
ans). Ce qui provoquerait une provincialisation de la Faculté, à l’heure du
Marché unique européen. Une dynamique communautaire dont le système éducatif suisse ne peut rester à l’écart sous peine d’isolement et de baisse
qualitative, conclut le recteur Augustin Macheret. (apic/be)