L’Union synodale Berne-Jura ouvre la sainte cène aux non-baptisés (010290)
protestants fassent montre de compréhension mutuelle
Bienne, 1erfévrier(APIC) A l’instar des Eglises réformées du Valais, de
Lucerne, de Zurich, d’Appenzell et des Grisons, les 200 députés de l’Union
synodale Berne-Jura ont ouvert, lors de leur dernière session, la porte de
la communion aux non-baptisés, en supprimant dans son nouveau règlement ecclésiastique le lien entre baptême et sainte cène. Mais cette décision, qui
se veut "signe d’ouverture et de tolérance", risque bien de provoquer quelques difficultés oecuméniques avec les catholiques. La Fédération des Eglises protestantes de la Suisse (FEPS) vient d’ailleurs de rappeler dans une
circulaire à ses Eglises membres qu’elle a signé en 1973 un accord de "reconnaissance mutuelle du baptême" avec les Eglises catholique romaine et
catholique chrétienne et les invite à ne pas faire "cavalier seul".
La députation jurassienne, souhaite que le nouvel article du règlement,
qui stipule "Sont invités à la sainte cène tous ceux qui recherchent la
communion avec Jésus-Christ", ne soit pas un obstacle au développement de
l’oecuménisme. "J’espère que catholiques et protestants feront montre de
compréhension mutuelle, parce que, du côté protestant, face à la lettre des
évêques catholiques sur l’intercommunion, on pourrait aussi dire que c’est
tellement restrictif qu’on peut avoir quelques difficultés à continuer le
dialogue", a déclaré à l’agence APIC Mme Marie-Jeanne Perrenoud, présidente
de la députation jurassienne.
Si le fossé entre alémaniques et romand n’est pas total sur cette question - des députés alémaniques se sont également inquiétés de l’absence de
lien entre baptême, instruction religieuse et confirmation et relevé que
les nouvelles dispositions pourraient rendre problématiques les relations
avec l’Eglise catholique - il y a quand même une différence de sensibilité
dans ce domaine. Les alémaniques en effet sont plus influencés par une
théologie qui met moins de poids sur la liturgie, notamment sur toute la
liturgie du baptême ou de la sainte cène, que la tradition réformée en
Suisse romande.
Alors que le projet d’article 37 du règlement ecclésiastique disait simplement "Chacun est invité à la sainte cène", la députation jurassienne a
tout de même pu préciser son contenu, pour éviter par exemple que des nonchrétiens soient invités à la communion. Elle soulignait en effet que "s’il
est vrai que l’Eglise doit être ouverte et tolérante, cela ne peut pas se
faire au détriment de la signification de ce qu’elle fait". La FEPS, dans
une circulaire aux Eglises membres datée du 16 janvier déclare que "si nous
éveillons le soupçon de ne pas nous en tenir aux accords de 1973, cela signifie que nous ne serons plus considérés comme des partenaires dignes de
confiance dans le contexte oecuménique". (apic/spp/be)