Toute une conception individualiste remise en question
Rome, 12septembre(APIC) Sous le titre "Mobilisation contre la drogue", le
quotidien du Vatican "L’Osservatore Romano" commente positivement le plan
annoncé par le président américain George Bush pour lutter contre le trafic
international de la drogue. Le journal souligne que la volonté de lutter
contre la drogue représente un important changement culturel, puisque c’est
toute une conception individualiste, du "marché sans borne", qui se trouve
ainsi remise en question.
Quelques jours après l’annonce par George Bush d’un plan d’envergure
assorti d’un important budget pour lutter contre la drogue, le quotidien du
Vatican constate que "l’ampleur des ressources affectées à cet objectif ne
suffit pas à en garantir le succès". Rien que sur le plan financier, en effet, le chiffre d’affaire des gros trafiquants de drogue est 30 fois supérieur aux moyens engagés par les Etats-Unis dans la lutte contre ce trafic.
Du reste, ajoute le quotidien du Vatican, l’aide américaine à la lutte contre la drogue semble davantage dictée "par souci d’une nécessaire répression que par souci de ce qui est plus décisif, à savoir la prévention sur
les plans économique, social, culturel et moral".
"L’Osservatore Romano" n’entend cependant pas prôner le scepticisme face
au plan américain: "Ce choix est positif, de même que la mobilisation populaire qu’il suppose à travers les grands moyens de communication sociale.
On peut dire que ça ne suffit pas, on ne peut pas dire que ça ne convient
pas".
Le quotidien insiste aussi pour que le seuil de "tolérance zéro" face au
trafic de drogue soit appliqué de manière graduelle, proportionnelle aux
responsabilités des coupables, sans pour autant renoncer à la ligne générale dans la lutte engagée contre la drogue.
Les quelques réactions sceptiques qui se glissent dans le vaste consentement suscité par l’initiative américaine témoignent enfin, selon "L’Osservatore Romano", d’une prise de conscience "renversante" sur le plan culturel. "C’est, écrit-il, toute une culture individualiste, une culture du
marché sans borne (sans critères éthiques, sans référence à des principes
d’orientation) qui se trouve mise en cause, complètement renversée". (apiccip/jt/pr)