L’intifada a aggravé la situation des chrétiens (171090)
Rome, 17octobre(APIC) Saddam Hussein est pour les chrétiens palestiniens
de Terre sainte l’homme "qui dans la situation bloquée du Proche-Orient
crée un courant qui pourrait finalement conduire à une solution équitable".
C’est ainsi que Richard Mathes, diplomate allemand du Vatican, a expliqué
l’enthousiasme, imcompréhensible à l’Ouest, manifesté par les chrétiens
arabes envers le président irakien.
Selon les chrétiens arabes, Saddam Hussein a le courage de faire face
aux grandes puissances et à Israël, a affirmé R. Mathes, directeur du Centre Notre-Dame de Jérusalem, dans une interview accordée mercredi à Rome.
Le diplomate a souligné que l’intifada, le soulèvement palestinien dans les
Territoires occupés par Israël, avait aggravé la situation des chrétiens de
Terre sainte de façon dramatique.
R. Mathes a relevé que des chrétiens avisés considèrent l’enthousiasme
pour Saddam Hussein comme un "autogoal", un "tir vers l’arrière". Car les
arguments en faveur de l’occupation du Koweït par l’Irak fournissent des
arguments en faveur de l’occupation de territoires par Israël dans l’ouest
de la Jordanie. "Nous nous trouvons sur un baril de poudre qui peut sauter
à tout moment", a affirmé Mathes. Il faut attendre pour savoir si les
"bruits de guerre" émanant de Saddam Hussein pourront faire advenir un nouvel ordre au Proche-Orient, nouvel ordre dont rêvent les Palestiniens.
L’émigration confine à la "saignée"
Selon R. Mathes, l’intifada a fortement réduit le flot habituel de touristes en Terre sainte. Cette évolution affecte particulièrement le secteur
chrétien, portant un coup à son activité industrielle.
Ces dernières années, 20 à 30 % des chrétiens vivant à Jérusalem ont
émigré. Dans la ville et sa banlieue, il n’en reste plus que 10 à 11’000.
L’émigration confine à une "saignée", a constaté le diplomate. Au contraire, la situation des chrétiens en Galilée est "stable dans l’ensemble". Exceptées Beit Sahour et Beit Jallah, situées en Galilée, Israël ne compte
pratiquement plus aucune ville à majorité chrétienne. R. Mathes estime que
l’intifada a repoussé les chrétiens vers la périphérie. "Les mesures de répression israéliennes touchent tous les Arabes, les chrétiens y compris",
a-t-il affirmé. (apic/cic/gbr/cor)