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    Le mur de silence tombe

    L’illetrisme en Europe de l’Est (290191)

    Paris, 29janvier(APIC) "Dans un système parfait on ne peut avoir

    d’échecs... en vertu de quoi l’illetrisme fonctionnel a toujours été considéré par les pays d’Europe de l’Est comme un problème propre aux sociétés

    occidentales". Selon Gérard Huck, chercheur en sciences de l’éducation de

    l’ex-RFA, qui s’exprime dans une interview que publie le dernier bulletin

    de l’UNESCO, un des avantages ignorés de la "chute du mur" est qu’elle a

    fait tomber les oeillères et rendu l’Europe de l’Est consciente de ce problème. "Mais on n’en a pas encore évalué l’ampleur".

    Gérard Huck, de l’Institut de politique et de pédagogie éducative internationale de Berlin était l’un des 43 participants au séminaire sur

    l’alphabétisation fonctionnelle en Europe de l’Ouest et de l’Est, qui s’est

    tenu à la fin de l’année dernière à l’Institut de l’UNESCO pour l’éducation

    à Hambourg.

    "La première conférence de ce type à laquelle j’ai assisté était organisée par l’UNESCO à Ottenstein (Autriche) en 1989. Je devais présenter une

    communication affirmant que l’illetrisme fonctionnel n’existait pas en RDA,

    mais, après avoir entendu les autres participants, j’ai dû reconnaître que

    j’ignorais si ce phénomène existait dans mon pays, car nous n’avions effectué aucune recherche dans ce domaine", témoigne Gérard Huck.

    Réunir des données fiables

    Dans les autres pays de l’Est la situation était à peu près la même, les

    taux d’analphabétisme étant calculés à partir des données des recencements

    ou de quelques rares enquêtes. D’après les derniers chiffres fournis par

    l’URSS (1979), par exemple, 0,2% seulement de la population était analphabète, tandis que le taux officiel en Pologne (1978) était de 1,2%. La Hongrie ne recensait que 1,1% d’analphabètes en 1980, mais en 1987, Tamas Terestyeni, du Centre de recherche en communication de masse de Budapest,

    rectifiait ce chiffre à la hausse en le situant entre 2 et 3%, tout en soulignant qu’il devait être encore plus élevé, car "dans la recherche en sociologie et les méthodes de sondage (en Hongrie) les groupes sociaux les

    plus démunis au plan socio-culturel et dont les capacités de communication

    sont habituellement les plus limitées sont en général sous-représentés".

    D’après Gérard Huck, "il y a tant de paramètres qui interviennent dans

    les systèmes éducatifs de ces pays - les élèves ne pouvaient pas échapper à

    la scolarisation, les enseignants étaient tenus pour personnellement responsables de la réussite de leurs élèves, ceux qui quittaient l’école

    après la seconde à l’âge de 16 ans environ pouvaient entrer dans le technique - que l’illetrisme fonctionnel était tout simplement inimaginable. De

    plus, même lorsqu’on effectuait une recherche sur l’éducation, celle-ci finissait le plus souvent au fond d’un tiroir", explique-t-il.

    "Je crois que le chômage atteindra la barre des quatre millions ces prochaines années, prévoit Gérard Huck. Nous devons mettre au point des programme de remise à jour des connaissances pour les plus démunis qui affrontent un monde nouveau. Heureusement, des projets sont actuellement à l’étude dans toute l’Europe de l’Est afin de réunir des données fiables, sensibiliser le public et définir un programme d’action. (apic/usco/pr)

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