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    Malte: Stop au renvoi des personnes vulnérables

    L’île enfreint la directive de l’UE sur l’accueil – les autorités suisses devraient réagir

    Berne, 6 septembre 2010 (Apic) Alors que des standards homogènes en matière d’asile devraient valoir pour tous les pays signataires de l’accord de Dublin, les conditions de vie que réserve l’île de Malte aux requérant-e-s d’asile sont inhumaines. L’Organisation suisse d’aide aux réfugiés OSAR demande aux autorités suisses de cesser d’y renvoyer les personnes vulnérables - comme les femmes et les enfants - et d’entrer en matière sur leurs demandes d’asile.

    Comme le montrent un nouveau rapport de l’Organisation suisse d’aide aux réfugiés OSAR, ainsi que de nombreux documents d’autres organisations non gouvernementales et organes de défense des droits humains, Malte enfreint de façon criante les obligations découlant de la directive de l’UE relative à l’accueil. "On ne peut certes pas parler, comme en Grèce, d’une procédure d’asile inexistante, mais de conditions de vie inhumaines pour toutes les personnes relevant du domaine de l’asile. Les femmes vivent dans la crainte permanente d’agressions sexuelles et même les enfants sont exposés à ces risques", indique le communiqué de l’OSAR du 6 septembre 2010.

    Lorsqu’en matière de droits humains, il est évident qu’un pays ne remplit ni les normes internationales, ni les standards européens, les Etats signataires de Dublin devraient faire usage de la clause de souveraineté, poursuit le document. Les autorités suisses devraient donc traiter elles-mêmes ces demandes d’asile, au lieu de renvoyer les personnes en quête de protection dans un tel lieu de désolation.

    Des camps d’accueil misérables

    Les personnes renvoyées de Suisse vers Malte finissent généralement dans des structures appelées "Open Centres". Ces campements ou baraquements présentent des conditions d’hygiène pitoyables et sont souvent infestés de rats. Ils n’offrent aucune intimité, ce qui peut entraîner de graves problèmes psychiques, en particulier chez les personnes vulnérables. Les personnes essaient tant bien que mal de se créer un espace personnel en suspendant des tissus entre les lits. Les abris manquent d’installations sanitaires, de personnel, de soins médicaux et n’offrent pas de possibilité de cuisiner ou de laver. Il n’y a aucune perspective de travail ou de revenu. La sécurité n’est pas garantie, vu le faible nombre ou l’absence totale de personnel de sécurité. En bref: il n’y a rien qui permette une vie dans la dignité.

    Pas de renvoi des personnes qui ont besoin de protection

    Des pays comme l’Allemagne ou la Suède ont déjà réagi à la situation désolante qui règne à Malte en faisant usage de la clause de souveraineté: ils ont stoppé le renvoi des personnes particulièrement vulnérables. L’Organisation suisse d’aide aux réfugiés OSAR est d’avis que la Suisse doit faire de même et cesser les renvois vers Malte des personnes aussi vulnérables que les femmes et les enfants, les malades physiques ou psychiques et les personnes âgées et qu’elle fasse usage – pour ces personnes – de la clause de souveraineté. (apic/com/js)

    Centre catholique des médias Cath-Info

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