France, 15février(APIC) L’évêque roumain Laszlo Papp, ancien supérieur du
pasteur Tökès, qui avait fui son pays début janvier juste après avoir donné
sa démission, a été retrouvé en France chez son fils, pasteur de l’Eglise
réformée d’Alsace-Lorraine en Moselle. Dans son édition du 3 février,
l’hebdomadaire protestant français "Le Christianisme au XXe siècle" publie
une interview de l’ex-évêque réformé d’Oradea.
Né en 1915, Laszlo Jozsef Papp a fait une partie de ses études de théologie à Strasbourg et à Bâle où il côtoya le théologien Karl Barth. Pasteur
dans l’Eglise réformée roumaine depuis 52 ans - bien avant l’instauration
du régime communiste - il exerçait depuis 22 ans la fonction d’évêque lorsqu’il décida de démissionner. C’est lui qui a ordonné le "transfert" du pasteur de Timisoara, Laszlo Tökès. Le mouvement de soutien des paroissiens à
leur pasteur a déclenché le processus de libération qui devait aboutir à la
chute du régime dictatorial de Ceaucescu. "C’est parce que ma vie était menacée que j’ai décidé de démissionner", explique Laszlo Papp. Il a pris la
fuite après avoir été agresse à son domicile par des inconnus.
Tökès, "porte-parole de la contestation"
Pour Laszlo Papp, Tökès est "un porte-parole de la contestation" depuis
qu’il a critiqué la politique de la Roumanie dans une émission de la télévision hongroise. "Ce rôle lui convenait parce que Tökès est un mégalomane", a déclaré Papp. "Je connais Tökès depuis très longtemps et j’ai découvert en lui un esprit contestataire déjà discernable lorsqu’il n’était
qu’étudiant. (...) Il voulait toujours se placer au-dessus des autres et
des lois". Papp le nomme à Timisoara, une grande paroisse, pour "l’aider et
aider sa famille". Les relations entre l’évêque et le pasteur se dégradent
peu à peu et les remises à l’ordre du supérieur sont sans effet. "Il attaquait tous les aspects de la vie en Roumanie. (...) et ne s’occupait pas de
la paroisse, mais de politique. C’est très bien qu’un pasteur connaisse ces
choses, mais il n’est pas désirable pour un pasteur de jouer un rôle immédiat dans ces problèmes".
Papp décide, pour sauver la famille de Tökès, qui risquait de graves ennuis, de "transférer ce dernier dans une paroisse tranquille". Tökès refuse
le transfert, le jugeant illégal. La situation apparaît alors sans issue.
Pour Laszlo Papp, si l’on n’obéit pas aux autorités civiles ou religieuses,
on ne manifeste pas une attitude chrétienne.
L’hebdomadaire protestant français "Réforme" a réagi aux déclarations de
Laszlo Papp en publiant deux témoignages qui accusent l’ex-évêque roumain
d’avoir apporté son soutien sans réserve au régime de Ceaucescu. (apic/sppcor)