L’évêque autrichien Erwin Kräutler, (161291)
Plaidoyer pour la théologie de la libération
Linz, 16décembre(APIC) Mgr Erwin Kräutler, évêque de la prélature territoriale de Xingu, en Amazonie brésilienne, a fermement défendu ce week-end
la théologie de la libération contre les "calomnies" dont elle serait victime de la part de milieux d’Eglise conservateurs.
Lors d’une messe célébrée à Wels près de Linz à l’issue d’une fête latino-américaine mise sur pied par des organisations catholiques et d’aide au
développement autrichiennes, Mgr Kräutler a affirmé qu’aussi longtemps que
des hommes seront exploités, opprimés et persécutés, il y aura toujours une
théologie qui rappellera que Dieu est aux côtés des pauvres et réclame la
justice.
L’évêque d’origine autrichienne a déploré à cette occasion que "des autorités ecclésiastiques trop zélées" s’attendent - "de façon pseudoprophétique et en se réjouisasnt du malheur des autres" - à ce que la chute du
communisme signifie également la fin de la théologie de la libération. Mgr
Kräutler, qui a déjà subi plusieurs attentats pour avoir pris la défense
des sans droits et des Indiens d’Amazonie, a souligné que ces milieux conservateurs contribuent bien peu à combattre les injustices massives auxquelles la théologie de la libération veut donner une réponse.
L’évêque brésilien a encore insisté sur le fait que la théologie de la
libération base son "option pour les pauvres" non pas sur des réflexions
socio-politiques ou économiques, mais sur la foi en Jésus Christ et sur la
Révélation. Les cardinaux, évêques, prêtres et laïcs appartenant au "camp
conservateur" se heurtent à cette évidence. Ces milieux font une séparation
claire et nette entre la mission religieuse et la réalité humaine et "diabolisent" la théologie de la libération. Ils ne veulent pas laisser tomber
l’ancienne "sainte alliance" avec les puissants de ce monde, "parce que ce
pacte avec les puissants permet de vivre plus confortablement et de ne pas
être soumis à la persécution ou à la diffamation".
Pour Mgr Kräutler, une "Bonne Nouvelle" qui ne dénonce pas les "structures de mort" et n’appelle pas par leur nom les responsables de la misère et
de la mort, permet aux riches et aux exploiteurs de garder bonne conscience
face à leurs actes. Parlant de la commémoration en 1992 de la "découverte"
de l’Amérique, il a dénoncé les "champions du statu quo qui veulent tout
enjoliver" et pour lesquels l’invasion, la conquête et la destruction des
cultures deviennent une "rencontre des cultures" ou une "découverte, dont
on s’apprête à fêter pompeusement le 500e anniversaire". (apic/kpr/be)