L’enseignement post-universitaire: une formation pour la vie (120189)
Genève, 12janvier(APIC/Angelica Roget) Formation pour la vie ou uniquement pour une activité professionnelle ? C’est l’une des questions posées
mercredi à Genève par Mgr Justo Mullor Garcia, chef de la Délégation du
Saint-Siège à la 41ème session de la Conférence internationale de l’éducation. Réunie depuis le 7 janvier sur le thème de l’enseignement post-secondaire face à la situation de l’emploi, elle devrait prendre fin le 17 janvier prochain.
Organisée par le Bureau international de l’Education (BIE), établi à Genève depuis sa création en 1929, la Conférence est convoquée tous les deux
ans par le Directeur général de l’UNESCO. La session de cette année voit
une participation impressionnante : 99 Etats membres avec la présence de 42
ministres et 21 vice-ministres de l’éducation, 441 délégués et 62 observateurs.
Le représentant du Saint-Siège a rappelé les paroles de Jean Paul II
lors du centenaire de l’Université de Bologne en juin dernier. Culture de
la solidarité, crainte de la spécialisation excessive et recherche de la
connexion et de la synthèse dans la vérité sur l’homme et au service de
l’homme, ont été ses principaux souhaits.
Mgr Mullor s’est dit optimiste de constater les tendances de certains
pays à former des "personnalités polyvalentes" intégrant dans la formation
des jeunes universitaires une culture générale adéquate, "y compris la formation du caractère". C’est une tendance qu’il faut encourager. N’est-elle
pas la seule capable d’aider à bâtir une société nouvelle plus humaine et
spirituellement plus solide ? Car il ne faut pas être prisonnier d’une
technique aveugle et d’une économie qui étouffe les autres aspects de la
réalité humaine. Cela suppose donc la foi dans l’homme comme personne libre
et capable de comprendre la richesse de la réalité physique et spirituelle
qui l’entoure.
Cela n’a pas toujours été le cas. Trop souvent, on a laissé la place au
seul profit ou à la seule production. Mgr Mullor voit d’ailleurs dans le
chômage généralisé des pays développés et dans la dette du tiers-monde la
confirmation de cette vision unidimensionnelle de la réalité. La formation
économique, dépourvue d’autres aspirations que celles du profit matériel,
n’en est-elle pas en partie responsable ?
Ainsi que l’avait prôné Jean Paul II à Bologne, le chef de la Délégation
du Saint-Siège a donc émis le souhait que la formation post-universitaire
soit assortie d’une perspective sociale. Qu’elle soit une synthèse entre
l’unité du savoir et la convergence des diverses connaissances tout en
tenant compte d’une vision globale de la réalité. (apic/ar/be)