Détroit, 18septembre(APIC) Le catholicisme américain - confession
d’immigrés le plus souvent des couches inférieures de la société - a reussi
en dix ans à se faire une place de premier plan dans l’opinion publique. Il
fait surtout figure de force progressiste dans les domaines politiques et
sociaux. Se présentant comme conscience de la nation, L’Eglise catholique a
su conquérir la place qu’occupaient les grandes confessions libérales
protestantes, qui soutiennent le président Reagan, tels le presbytérianisme
ou le congrégationniste, mais pourtant il est un domaine ou l’Eglise est en
mauvaise posture et ou la situation ne fait qu’empirer. Selon le père
américain John Catoir, "l’Eglise catholique cède du terrain vis-à-vis des
"évangélistes électroniques" dans leurs efforts de montrer un ministère
télévisé actif. C’est ainsi que de nombreux hispanoaméricains sont tentés
par les Eglises évangéliques, particulièrement l’Eglise pentecotiste.
Le père John Catoir, a dirigé le "Christopher Closeup" hebdomadaire
durant ces huits dernières années. Ce dernier est un programme retransmis
par 60 stations commerciales et par une centaine de télévisions par cable
dans toute la nation. Le directeur de "Christophers" ne se laisse pas
bercer d’illusions par ses chiffres et tient à préciser: "notre présence
est minime, nous sommes l’un parmi beaucoup d’autres, mais nous ne sommes
pas la réplique".
Les évangélistes achètent les meilleurs temps d’écoute
"Christopher Closeup" est envoyé aux stations de télévision commerciales
ainsi que cablées afin qu’elles le transmettent comme un service à la
communauté. A détroit, le programme est transmis tous les samedis à 5h. 30
du matin! De leur coté, selon les renseignements du p. Catoir, les six
principales "télévisions évangélistes" obtiennent de meilleurs temps
d’écoute car elles dépensent annuellement 5.600 millions de dollars. Ces
derniers proviennent en partie de dons, 10 à 20 % sont issus de
catholiques. A l’occasion d’une récente conférence nationale des
communicateurs jésuites à Détroit, le directeur de l’institut
"Christophers" a instamment prié les participants de se servir des médias
électroniques au plus vite afin de contrebalancer la compétitivité des
télévisions évangéliques. Ajoutant qu’il "faut payer un prix complètement.
"Afin d’établir un contact avec la masse des voyants et des entendants,
il faut penser sérieusement à l’achat de temps d’écoute". Dans le passé,
selon le p. Catoir, ce fut une suite de "no-no" car c’était cher , mais les
évangélistes ont démontré que si on satisfait les besoins des
télespectateurs, ces derniers sont prets à couvrir les frais". Bien que le
grand public ne soit pas atteint, le directeur de "Christopher Closeup" a
applaudi aux efforts realisés aux niveaux diocésains et paroissiaux dans le
domaine de la vidéo pour l’Evangélisation et "pour présenter l’Eglise et
ses valeurs spirituelles." Mais il a ajouté aussitot "les gens aujourd’hui
sont très exigeants. Ils sont habitués aux programmes de télévision de
grande qualité et sont peu disposés à pardonner une émission sincère mais
de qualité réduite au rang d’amateur."
Le p.Catoir a invité tous les producteurs de programmes religieux locaux
a présenté aux télévisions des produits de qualité afin de pouvoir entrer
en compétition avec les autres programmes des autres Eglises. Et d’ajouter
que c’était son propre objectif d’aliorer toujours ses programmes. L’accès
publique (à la télévision par cable) est plus facile à obtenir que celui
des télévisions commerciales, mais les producteurs ne doivent pas oublier
que le temps des télespectateurs est compté. Ils disposent d’un certain
temps pour regarder la télévision, c’est pourquoi il faut des programmes
qui en valent la peine.
Pour une Eglise catholique également havre de paix spirituelle
Laissant de coté le problème de l’argent et les temps d’écoute, le
directeur de "Christophers" croit que les efforts évangéliques de l’Eglise
catholique sont contrecarrés par un problème "d’image". Les débats, les
controverses paraissent tenir le haut du pavé sur la présence prioritaire
du Christ, qui est la grande force de l’Eglise évangélique. Cette dernière
ainsi que les autres Eglises de tradition protestante, présentent le Christ
en premier lieu, "nous aussi nous ne le faisons, mais pas aussi bien en
termes d’image". En effet, de nombreux jeunes mais pas seulement ressentent
l’Eglise comme "comporte-toi bien ou tu ne seras point des notres". les
catholiques doivent pouvoir voir en l’Eglise catholique également un port
dans la vie temporelle, un havre et un endroit pour pécheur. Sans cette
image d’une oasis spirituelle pour ses membres, l’Eglise catholique
souffrira des pertes encore plus grandes aux profits des Eglises
évangéliques. (apic/dic/Jescom/es/cr)