L’Eglise orthodoxe serbe doit-elle être suspendue (120193)
Démenti catégorique du secrétaire général
Genève, 12janvier(APIC) Jean Fischer, secrétaire général de la Conférence
des Eglises européennes (KEK), oppose un démenti catégorique aux rumeurs
qui laissent entendre que l’Eglise orthodoxe serbe serait suspendue en tant
que membre de la KEK à cause de ses prises de positions dans la guerre en
ex-Yougoslavie. "Cette suspension est totalement hors de question", affirme
le secrétaire général, propos diffusé mardi par le service de presse protestant (SPP).
Jean Fischer dément toute demande ou possibilité de demande de suspension de l’Eglise orthodoxe serbe: "Il n’en est pas question et il n’en a
jamais été question", déclare-t-il. "Quand des Eglises se trouvent dans des
situations difficiles, nous pensons qu’il faut les entourer et les aider
plutôt que les rejeter".
La consitution de l’organisation européenne ne prévoit pas de disposition statutaires permettant la suspension ou l’exclusion d’une Eglise membre pour des motifs autres que théologiques ou de doctrine, précise par
ailleurs Jean Fischer.
Du coté de la Fédération des Eglises protestantes de Suisse (FEPS) où
l’on évoque de façon inofficielle la possibilité d’une suspension, le pasteur Heinrich Rusterholz, président du Conseil de la FEPS, estime qu’il est
avant tout nécessaire d’opérer un contrôle sur les déclarations faites à
domicile par l’Eglise orthodoxe serbe. Lors de rencontres qui ont eu lieu
l’an dernier en Suisse, à Bossey, puis près de Zurich , les représentants
de l’Eglise serbe ont pris un certain nombre d’engagements. "S’ils tiennent
le même langage à l’extérieur et chez eux, il n’y a pas de problème, déclare Heinrich Rusterholz. "Mais s’ils ont un double langage et qu’ils continuent de soutenir ce terrible nationalisme - et dans la mesure où cela peut
être prouvé - alors dans ce cas la question doit être discutée". Mais pour
le président du Conseil de la FEPS, ce sera alors à la KEK d’en débattre.
"C’est une question de crédibilité pour une Eglise et pour la KEK aussi.
Après ce qu’on a vécu en Roumanie, il faut être clair maintenant!", conclut
Heinrich Rusterholz.
De retour d’un voyage à Belgrade, Elisabeth Bäumlin, secrétaire pour les
questions de migration à la FEPS, estime qu’il n’y a plus de "consensus entre la FEPS et l’Eglise orthodoxe serbe". Les déclarations publiées à l’issue du Synode orthodoxe serbe en décembre dernier contredisent les déclarations du patriarche Pavle en Suisse. Selon Elisabeth Bäumlin, "il est très
difficile de ne pas y lire un appui à la guerre et une excuse pratiquement
totale de ce qui arrive".
La KEK, créée en 1959, compte 117 Eglises membres. Elle regroupe les
grandes traditions chrétiennes (protestante, orthodoxe, anglicane et catholique-chrétienne), à l’exception de l’Eglise catholique romaine. (apic/comspp/ba)