L’Eglise lance une idée pour les 700 ans de la Confédération (070788)
Zurich, 7juillet(APIC) En vue des festivités du sept-centième anniversaire de la Confédération suisse qui auront lieu en 1991, l’Eglise propose de
faire un geste en faveur des pays du Tiers-Monde croûlant sous le poids des
dettes. L’objet de ce projet a été lancé par les oeuvres d’entraide, Pain
pour le Prochain et l’Action de Carême en collaboration avec l’Institut
d’éthique sociale de la Fédération des Eglises protestantes de Suisse et la
Commission nationale suisse Justice et Paix.
L’idée de renoncer à une créance s’inspire de la notion biblique de
l’année sabbatique, qui veut que toutes les dettes soient remises durant
l’année sabbatique en cours. Cela serait une solution pour faire cesser
l’actuelle dépendance des pays du Tiers-Monde et favoriserait leur développement économique. L’ancienne notion biblique d’année sabbatique demeure
d’une étonnante actualité : les 60 pays les plus pauvres du monde ont une
dette de 2,5 milliards de francs envers la Suisse. Ils sont contraints
d’exporter des biens de première nécessité afin de recevoir des devises
étrangères pour rembourser leurs dettes.
Une partie de ce projet oecuménique de remise de dettes est financée par
le Fonds National Suisse dont le programme de recherche est dirigé par les
Professeurs Villet (Fribourg) et Peter (Berne). Cette partie prévoit une
analyse des plus pauvres pays en voie de développement ainsi qu’une réflexion d’ordre éthique et une estimation des coûts de cette action. Les
résultats de la recherche devront ensuite être intégrés au programme de
l’action et publiés, afin de sensibiliser la conscience de la population
suisse sur le problème des relations économiques avec les pays du TiersMonde.
Selon les promotteurs du projet, la Confédération et la Banque Nationale
devraient, en vue du sept-centième anniversaire de la Confédération, rassembler un milliard de francs afin de rembourser en partie les créanciers
suisses qui remettraient les dettes aux pays débiteurs. De plus, les pays
endettés pourraient convertir leur créances, jusqu’ici en monnaie forte
suisse, en monnaie de leur pays, de sorte que cet argent soit utilisé pour
des projets d’aide en faveur des pauvres.(apic/bcy)