"Elle n’a pas à voir son avenir en noir" déclare le cardinal Sladkevicius
Kaunas, 21juin(APIC/CIP) "L’Eglise catholique en Lituanie n’a pas à voir
son avenir en noir. La politique de renouveau de l’Union Soviétique n’a pas
encore d’effet direct sur l’Eglise et sur la religion, certes, mais on
écoute déjà, en tout cas, les doléances de l’Eglise". C’est ce qu’a déclaré
le cardinal Vincentas Sladkevicius, président de la Conférence des évêques
de Lituanie, à une délégation de l’Eglise catholique autrichienne, venue
lui rendre visite le 20 juin à Kaunas.
Le cardinal Sladkevicius, qui fut condamné à un exil à l’intérieur du
pays jusqu’en 1982, a répété le point de vue de l’épiscopat lituanien:
"Nous sommes prêts à accorder notre soutien à tous les mouvements d’indépendance qui sont en vraie connivence avec l’Eglise et avec la foi. Ce
qui est bon pour la foi pourra se réaliser de la meilleure manière dans une
Lituanie indépendante. Il est donc très important pour l’avenir de notre
Eglise qu’on lui laisse les mains libres".
En ce qui concerne une réorganisation de la vie ecclésiale dans le cadre
de possibilités élargies. Le cardinal Sladkevicius a précisé qu’il tenait
fort à une structure hiérarchique. Il trouve que, dans les Eglises occidentales, on a presque inversé les rôles: "Là, ce sont les laïcs qui prennent
la parole et l’autorité ecclésiale doit les écouter".
Le cardinal Sladkevicius s’est en outre plaint des malentendus (voulus
ou non) entre le gouvernement et les autorités religieuses au sujet de la
restitution des lieux de culte confisqués à l’Eglise. "Tantôt, le gouvernement est pressé de se débarrasser d’une église, qu’il nous restitue pour ne
pas avoir à l’entretenir lui-même. Tantôt, quand nous réclamons un lieu de
culte pour un endroit important où il n’y en a plus, on traîne des mois et
des mois avant de nous donner une réponse". (apic/cip/pr)