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    L’Eglise catholique accusée d’être alliée aux rebelles Bemba

    Rome/Kinshasa, 19 février 1999 (APIC) Des soldats de Kabila déguisés en prêtres sèment la mort dans la ville de Libengue, en République Démocratique du Congo, révèle vendredi l’agence d’information missionnaire MISNA à Rome. MISNA publie le témoignage d’un prêtre congolais qui a pu fuir en Centrafrique lors la reconquête de la ville, aux mains des rebelles "Bemba".

    Située à la frontière nord-ouest du pays à 100km environ au sud de la capitale centrafricaine Bangui, Libengue avait été conquise l’an passé par les rebelles puis reprise en janvier de cette année par les troupes du président Laurent Désiré Kabila. Les combats ont entraîné la fuite de nombreux civils. Ceux qui sont restés ont subi exactions et vexations de la part des soldats gouvernementaux qui ont tué 200 personnes au moins dans "l’euphorie" de la reconquête.

    Dans la ligne de mire des troupes gouvernementales: la communauté chrétienne qui ne peut se rassembler pour prier. "Nous avons été accusés d’être alliés aux rebelles, tout simplement parce que nous sommes de la même ethnie. Ce n’est absolument pas vrai! Nous sommes avec les pauvres et les malades, nous condamnons toute forme de violence", dénonce un prêtre de Libengue, réfugié avec d’autres confrères en République Centrafricaine. Six sœurs Oblates du Sacré Cœur, accusées de collaboration avec l’ennemi ont - grâce à l’aide de la population - évité la mort de justesse.

    "Les soldats se promènent vêtus d’ornements sacrés: aubes, chasubles et étoles. Ils sonnent les cloches des églises pour inviter les fidèles: ’Prions - disent-ils - pour la mort de vos prêtres!’", témoigne un prêtre congolais réfugié en République Centrafricaine. Le religieux explique que le 4 janvier dernier, les rebelles ’Bemba’ ont dressé leur camp dans sa paroisse, Saint François d’Assise. "Ils étaient très respectueux. Puis, attaque aérienne improviste le 7 janvier. Le lendemain, offensive des soldats gouvernementaux congolais sur la ville. Nous nous sommes cachés dans la forêt et avons ainsi assisté impuissants à la folie destructrice des soldats de Kinshasa: maisons brûlées, vols, saccages, violences, viols, massacres... Ils ont également profané l’Eglise". (apic/misna/be)

    Centre catholique des médias Cath-Info

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