L’échéance de 1992 inquiète les jeunes travailleurs chrétiens (291190)
Lausanne, 29novembre(APIC) L’Europe de demain, celle du Grand Marché de
1992, ne doit pas être l’Europe des riches et se baser uniquement sur des
critères économiques, privilégiant la compétitivité au détriment des conditions de vie des travailleurs, affirme la Jeunesse ouvrière chrétienne romande (JOC) dans une réflexion sur l’avenir du continent. Sans se prononcer
pour ou contre l’adhésion à la CE, le mouvement d’action catholique craint
de plus l’insularité de la Suisse au moment où l’Europe de 92 sera réalité.
Les jeunes travailleurs chrétiens ont élaboré tout au long de cette année un manifeste qui rassemble les résultats des travaux de la Commission
européenne de la JOC, d’une session tenue en mars à Strasbourg et d’un Congrès sur la construction de l’Europe - une première - qui a rassemblé en
Belgique à l’Ascension quelque 350 jocistes de tout le continent. La Suisse, pleinement participante, était représentée par 20 délégués.
La Communauté européenne : "avant tout une grosse affaire financière"
Constatant que la CE est "avant tout une grosse affaire financière", la
JOC romande rappelle que l’édification européenne "ne se fera pas sans certains sacrifices". La compétitivité au niveau international ne peut que favoriser les intérêts des entreprises et du secteur des services au détriment des travailleurs, qui "verront leurs conditions de vie et de travail
se dégrader", estime-t-elle. La JOC craint en outre que dans un premier
temps la libre circulation ne contribue à un nivellement par le bas.
L’avenir du tiers monde préoccupe aussi la JOC, qui craint que la position renforcée de l’Europe sur le plan économique ne se fasse "en partie
sur son dos". "Nous estimons que la suppression des frontières physiques
entre les Etats est un idéal de progrès, mais qu’elle ne doit pas entraîner
un renforcement des frontières de l’Europe vis-à-vis du reste du monde".
Une Europe plus attentive aux problèmes sociaux
Les jeunes travailleurs chrétiens de Suisse romande plaident pour "une
Europe plus démocratique, plus ouverte, plus solidaire avec le reste du
monde, plus attentive aux problèmes sociaux et aux aspirations fondamentales de ses citoyens, plus respectueuse de l’environnement et du cadre de
vie". S’ils n’ont pas élaboré de réflexion propre quant à l’adhésion ou non
de la Suisse à la CE, ils gardent une attitude critique face aux objectifs
économiques du Grand Marché européen et craignent l’insularité de la Suisse
au moment où l’Europe de 92 sera réalité.
La JOC romande, mouvement d’action catholique, est active dans les cantons de Fribourg, Vaud, Neuchâtel et Genève. Une vingtaine d’équipes réfléchissent, sous la responsabilité d’un aumônier ou d’un accompagnateur, à la
manière de vivre l’Evangile dans les réalités concrètes du monde du travail. (apic/com/cor)