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    reproche aux Eglises de freiner la coopération ENI-95-0244çF (b) DEUXIEME

    L’ancien rapporteur de l’ONU pour les droits de l’homme en ex-Yougoslavie

    PARTIE

    Dans une lettre adressée au secrétaire général de l’ONU, Boutros

    Boutros-Ghali, T. Mazowiecki a écrit qúil croyait que "toute déclaration

    concernant la défense des droits de l’homme perd de sa crédibilité en

    raison de l’absence d’une attitude courageuse et responsable de la

    communauté internationale".

    Il a ajouté que les sociétés d’aujourd’hui ne pouvaient plus "se tourner

    avec espoir vers l’Europe de demain" après avoir assisté aux événements des

    Balkans.

    Durant son entretien avec le correspondant d’ENI, T. Mazowiecki a dit que

    l’abandon en juillet des enclaves musulmanes de Srebenica et de Zepa en

    Bosnie de l’Est par la communauté internationale avait été "la goutte d’eau

    qui avait fait déborder le vase". Les forces serbes bosniaques ont ensuite

    pris le contrôle des enclaves et, selon certaines sources, de nombreux

    hommes qui habitaient la région auraient été massacrés.

    T. Mazowiecki a ajouté qúon ne lui avait même pas demandé de donner son

    opinion lors de la conférence de Londres du Groupe de contact occidental,

    conférence qui avait été, selon lui, caractérisée par une "cacophonie de

    positions" et un "manque de direction".

    "L’occupation °serbe bosniaque§ des ’zones de sécurité’ établies par le

    Conseil de sécurité °de l’ONU§ a affaibli l’autorité des organisations

    internationales et a donné à la population un sentiment de trahison", a

    déploré l’ancien rapporteur de l’ONU.

    "Mais l’on m’a reproché d’avoir outrepassé mes pouvoirs et d’avoir soulevé

    des questions politiques plutôt qúhumaines - comme s’il était possible de

    séparer les questions relatives aux droits de l’homme de celles d’ordre

    politique ou militaire en pleine guerre."

    T. Mazowiecki a ajouté qúil n’avait pas voulu, par sa démission, "faire

    acte de capitulation" ni "se laver les mains comme Pilate", et qúil

    continuerait à "lutter et à parler" au nom des victimes du conflit des

    Balkans.

    Cependant, même avant de donner sa démission, il s’était demandé si sa

    mission était une "feuille de vigne ... destinée à cacher le manque

    d’action véritable".

    Lorsqúil avait accepté, il y a trois ans, d’assumer le poste de rapporteur

    spécial de l’ONU dans les Balkans, il avait insisté pour qúon lui donnât

    des pouvoirs supplémentaires que n’avaient pas les 20 autres rapporteurs de

    l’ONU chargés d’observer les conflits dans différentes parties du monde.

    Ces pouvoirs lui donnaient le droit d’employer des observateurs permanents

    à Zagreb, Sarajevo, Mostar et Skopje, de fournir ses rapports à la presse

    internationale et de rendre compte des violations des lois humanitaires en

    temps de guerre, telles qúelles sont définies dans la Convention de Genève.

    Cependant, le secrétaire général des Nations Unies et le Conseil de

    sécurité n’avaient aucune obligation de répondre à ses directives, a

    expliqué T. Mazowiecki, alors que la Commission des droits de l’homme de

    l’ONU ne se réunissait qúune fois par an et se limitait à l’adoption de

    résolutions d’ordre général.

    La semaine dernière, lorsque le quotidien polonais Gazeta Wyborcza lui a

    demandé si les derniers bombardements des positions serbes bosniaques par

    l’OTAN (Organisation du Traité de l’Atlantique Nord) avaient modifié ses

    opinions, Mazowiecki a répondu que l’ONU et l’OTAN avaient jusque-là

    "retardé toute réaction le plus longtemps possible" et qúelles "ne

    faisaient là qúaccomplir leurs obligations".

    Il a ajouté qúil avait réagi avec "stupéfaction et colère" en apprenant le

    massacre des citoyens de Sarajevo le 28 ao#t par un bombardement serbe, et

    qúil croyait que l’effet que cela avait eu sur l’opinion publique avait

    fini par convaincre les gouvernement occidentaux qú"ils ne pouvaient plus

    rester indifférents". (1216 mots)

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