L’ancien président de la CLAR met en garde le Vatican (110691)
Vienne, 11juin(APIC) Le Vatican met en danger la vie des prêtres, des religieux et des laïcs catholiques "progressistes" lorsqu’il les qualifie de
"marxistes", a déclaré lundi à Vienne lors d’une conférence de presse le
Père Luis Coscia, ancien président de la Confédération latino-américaine
des religieux (CLAR). En Amérique latine, de nombreux chrétiens engagés,
notamment des membres de la CLAR, sont assassinés par les soldats des escadrons de la mort ou des membres de formations politiques d’extrême-droite.
Qu’ils soient traités de "marxistes" par le Vatican fait encore croître le
danger, a-t-il ajouté.
De plus, le Père Coscia a déploré le fait que le Vatican n’ait pas choisi comme nouveau président de la CLAR le candidat retenu par la grande majorité de l’Assemblée générale - qui s’est tenue du 19 au 28 février 1991 à
Mexico -, le provincial des jésuites colombiens, le Père Gerardo Remolina.
Le nouveau président, le Père Benito Blanco Martinez, provincial des jésuites de Saint-Domingue, ainsi que deux autres membres du comité sont des inconnus au sein de la CLAR. Par ses décisions, le Vatican a affaibli la
CLAR, a affirmé le Père Coscia. "On traite les supérieurs majeurs comme des
enfants", s’est-il exclamé.
L’ancien président de la CLAR a souligné la peur et la réserve de nombreux évêques face aux Ordres religieux engagés sur tout le territoire latino-américain, contrairement à ce qui se passe au niveau national, où la
collaboration avec la hiérarchie fonctionne bien.
Le Père Coscia a donné des détails sur l’Assemblée générale de la CLAR
de février dernier, où "la consternation, l’insécurité et la douleur" ont
dominé parmi les délégués de 25 Conférences nationales de religieux à l’annonce des mesures prises par Rome. Outre l’annulation des statuts, le Vatican a nommé un délégué pontifical pour la CLAR, Mgr Hector Lopez Hurtado,
avec pleins pouvoirs d’accepter ou de refuser les décisions de l’Assemblée,
d’accorder la permission romaine pour toutes les publications de la CLAR et
de préparer un nouveau statut.
La CLAR a été fondée en 1959 par le Conseil épiscopal latino-américain
(CELAM) pour promouvoir et compléter son travail. Elle représente quelque
160’000 religieux - dont 110’000 femmes -, 80% des prêtres et assistants
pastoraux latino-américains. Près de la moitié des évêques d’Amérique latine sont des religieux. La CLAR fait toujours partie du CELAM, tout en étant
plus étroitement contrôlée par Rome depuis quelque temps. Elle a adopté
l’"option préférentielle" pour les pauvres, qui n’est pas seulement "une
méthode pastorale", mais encore une forme de la foi qui a une dimension
théologico-spirituelle, a affirmé le Père franciscain Coscia. "Même les
Congrégations les plus conservatrices ont des communautés qui vivent au milieu des pauvres", a-t-il ajouté. (apic/kna/cor)