L’Amérique latine malade de sa misère tue ses enfants (271191)
Montevideo, 26novembre(APIC) L’Amérique latine est malade. Malade de la
pauvreté qui ronge sa société et qui tue ses enfants. Malade de la misère
de sa société incapable d’assurer à sa jeunesse ne serait-ce que l’espoir
d’un avenir meilleur. Au Brésil par exemple, entre Rio de Janeiro et Sao
Paulo, on enregistre quotidiennement les assassinats de trois mineurs de
moins de 18 ans. La mort violente est certes la caractéristique extrême du
drame que vit l’enfance de ce continent; elle n’est cependant pas l’unique
cause qui menace les 115 millions d’enfants: la faim fait chaque jour des
ravages pour des milliers d’entre-eux.
Incapable da faire face à la misère qui pèse sur des millions de personnes, l’Amérique latine assiste impuissante aux actes criminels croissants
des groupes auto-dénommés "escadrons pour un nettoyage social" payés "pour
lutter" contre la délinquance dans les métropoles. Souvent assistés par la
police et financés par des commerçants et des responsables d’entreprises,
ces escadrons s’abattent sur les jeunes mendiants "pour prévenir les futurs
vols", à l’instigation des commanditaires.
Les enfants de la rue, en général, sont les cibles préférées de ces bandes d’exterminateurs. Et pas moins de 7 millions de mineurs vivent aujourd’hui complètement abandonnés, en marge de la société et des programmes
d’assistance en Amérique latine.
Les chiffres et les statistiques sont là pour prouver cette triste réalité: les assassinats d’enfants, au Brésil par exemple, se multiplient dans
les régions ou se concentrent les plus "grandes richesses" du pays. A Rio
de Janeiro et à Sao Paulo, on enregistre quotidiennement et en moyenne
les meurtres de trois mineurs de moins de 18 ans. Selon des statistiques du
Centre médico-légal, 427 enfants ont été exécutés dans la seule ville de
Rio depuis le début de l’année. Des assassinats attribués exclusivement aux
"escadrons de la mort".
Exterminateurs liés à la police
Les auteurs de ces crimes appartiennent généralement à la police ou sont
des délinquants en relation étroite avec le corps de police. Au Brésil comme ailleurs du reste. En 1990, huit enfants furent séquestrés dans les rues
de Ciudad Guatemala par des hommes qui se déplaçaient en jeep. Trois
gamins furent retrouvés peu de jours après, sans yeux et avec les oreilles
coupées.
Mario Pereyra, un ex-policier de 19 ans, détenu depuis le mois d’octobre
1990 dans une des prisons de l’Etat brésilien de Pernambouc confesse avoir
assassiné à lui seul 115 personnes, en grande majorité des enfants. "Je ne
passais pas un jour sans tuer", avoue-t-il, en affirmant: "Nous étions guidés par la police qui nous procurait les armes, les mitraillettes, les révolvers et les fusils". A Recife, autre ville importante du Brésil, un autre détenu confesse que la police militaire coordonnait les actions exterminatrices.
Selon l’UNICEF, que cite "Noticias Aliadas", 69 millions d’enfants survivent actuellement en Amérique latine sans un véritable toit, vivant du
vol, du trafic de drogue et de la prostitution. Et c’est principalement sur
eux que planent la violence et l’exploitation sous toutes ses formes. De
son côté, l’Institut latino-américain de l’Enfant relève que l’extrême misère est cause de toutes les formes de violence. Selon cet Institut, "les
enfants de ce continent sont les plus touchés par la crise économique et la
politique de réajustement menée dans les différents pays". (apic/na/pr)