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    La guerre en Bosnie occulte le drame mondial des réfugiés

    L’aide aux réfugiés de Caritas Suisse (090693)

    Lucerne, 9juin(APIC) "Urgence", telle est cette année la devise des oeuvres d’entraide et des Eglises pour la Journée et le Dimanche des réfugiés

    (19 et 20 juin). La guerre en Bosnie fait prendre conscience à quel point

    l’aide aux réfugiés est urgente. Pourtant, il existe d’autres points chauds

    où des personnes sont contraintes à fuir la guerre et l’oppression. La

    Journée des réfugiés permet à Caritas d’informer sur les points prioritaires de son aide aux réfugiés en Suisse et à l’étranger.

    Ce travail se concentre sur trois domaines: l’encadrement et l’hébergement, l’assistance juridique des requérants d’asile et l’intégration des

    réfugiés reconnus.

    Dans le domaine de l’asile, on a enregistré l’an passé une forte baisse

    des requérants en Suisse. Le durcissement de la procédure d’asile en est

    sûrement une des raisons. Alors qu’en 1991 le nombre des requérants était

    de 41’600, il est retombé à 18’000 en 1992. La majorité provient de régions

    en état de guerre civile, où les violations des droits de l’homme sont monnaie courante. Environ un tiers des requérants venaient de l’ex-Yougoslavie, 16% du Sri Lanka, le reste de la Turquie, de la Somalie et d’autres

    pays. Il ne suffit toutefois pas de fuir un pays en guerre pour être reconnu comme réfugié. C’est pourquoi il est urgent de réglementer le statut juridique des réfugiés de la violence, estime Caritas.

    L’encadrement des réfugiés bosniaques

    La baisse du nombre de requérants a eu entre autres pour conséquence la

    libération de places dans les lieux d’hébergement collectif. Caritas y accueille actuellement environ 400 réfugiés bosniaques. Les Caritas régionales et Caritas Suisse, qui se partagent l’encadrement, se voient maintenant

    confrontées à la difficile tâche de trouver des logements pour les réfugiés. En ce qui concerne l’intégration professionnelle, elle semble actuellement avoir peu de chances de succès.

    Autres réfugiés de la violence

    Comparés à la guerre en Bosnie, les événements dans la province voisine

    du Kosovo n’ont que peu suscité l’attention du grand public. Une délégation

    de Caritas a examiné la situation sur place. Elle a constaté l’expulsion et

    l’oppression systématique de la population majoritaire d’origine albanaise.

    C’est pourquoi Caritas Suisse demande à la Confédération de donner suite

    aux demandes d’asile de ressortissants albanais et de renoncer à les refouler. Les divergences entre l’Office fédéral des réfugiés et les oeuvres

    d’entraide ont entraîné une demande accrue auprès des services de consultation juridique. Un problème semblable se pose pour les Tamouls. Caritas et

    les autres oeuvres d’entraide s’opposent à la décision de Berne concernant

    l’expulsion des Tamouls, qui devrait démarrer dès la fin juin, car la sécurité des personnes qui retournent au Sry Lanka n’est pas garantie.

    Depuis le mois d’avril, Caritas gère à Gersau un centre d’intégration

    pour réfugiés de contingent. C’est le seul centre en Suisse qui est aménagé

    pour des handicapés et qui peut accueillir des réfugiés ayant besoin de

    soins thérapeutiques. Actuellement, le centre abrite un groupe de réfugiés

    somaliens.

    L’aide aux réfugiés dans les régions d’origine

    Seule une infime partie des réfugiés atteignent les pays riches du Nord.

    Ce sont en fait les pays du tiers monde qui portent la principale charge

    des flux de réfugiés. Là aussi Caritas est présente et s’efforce de combattre à la source les causes de la fuite. Elle soutient les expulsés et les

    réfugiés lors de leur retour vers le Cambodge ou le Guatemala. En outre,

    Caritas finance l’aide aux populations déplacées en Somalie et au Soudan,

    fournit des secours d’urgence pour les réfugiés bosniaques en Croatie et en

    Bosnie et soutient la reconstruction des villages kurdes détruits pendant

    la guerre du Golfe. (apic/com/cb)

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