L’aide alimentaire des oeuvres d’entraide en Ethiopie est efficace(160890)
Lucerne, 16août(APIC) Avec ses organisations soeurs d’Europe et d’Amérique, Caritas Suisse soutient, depuis le milieu de l’année dernière, un programme d’aide d’urgence en faveur de la population affamée des provinces du
nord de l’Ethiopie. Comme l’aide accordée par les organisations d’entraide
internationales est parvenue à temps dans les régions frappées par la sécheresse et qu’il existe un réseau de distribution bien organisé, on a jusqu’à présent pu éviter une répétition de la terrible famine de 1984. Les
précipitations de la saison des pluies sont maintenant déterminantes; en
leur absence la récolte risque d’être bien maigre en novembre.
Caritas Suisse concentre son aide alimentaire sur la province du Tigré,
où les besoins en céréales jusqu’à la récolte de novembre se chiffrent à
340’000 tonnes. A la fin du mois de juillet, c’est-à-dire à mi-chemin, le
Tigré avait reçu 170’000 tonnes de céréales. Sur place, les partenaires des
oeuvres d’entraide annoncent qu’ils ont pu, jusqu’à présent, atteindre les
plus nécessiteux, et ils se déclarent modérément optimistes. Cependant, les
aliments d’appoint manquent partout, et cette carence affecte particulièrement les enfants, les femmes enceintes et les mères qui allaitent. Lentilles et lait en poudre font notamment défaut.
Transports rendus difficles
Grâce à une "opération par-dessus les frontières", les secours sont
acheminés par camion à partir du Soudan avant d’être distribués aux victimes sur place. En raison de la saison des pluies qui commence, seule l’une
des deux routes principales peut encore être empruntée; atteignant le Tigré
par le nord, elle résiste aux intempéries.
En plus de cette route par l’ouest, une route du sud, passant par l’intérieur du pays, a pu être ouverte au mois de mai, après d’interminables
négociations avec le gouvernement et les mouvements rebelles. Grâce à un
programme d’aide oecuménique des Eglises éthiopiennes, 15’000 tonnes de céréales sont acheminées chaque mois dans les régions du nord frappées par la
sécheresse. Le transport prend naturellement beaucoup de temps à cause de
la guerre, car à partir du port d’Assab un détour de plus de 1’000 kilomètres est nécessaire. En février, Massawa, le port le plus proche des régions du nord, a été pris par le Front de libération de l’Erythrée, et il
ne peut donc plus être question de l’utiliser pour acheminer les secours
accordés par l’ONU et la CEE au gouvernement d’Addis Abeba. Les négociations entre le gouvernement et le Front de libération portant sur l’ouverture du port traînent depuis des mois, et la guerre frappe ainsi doublement
la population affamée...
La situation la plus critique est sans aucun doute celle d’Asmara, capitale de l’Erythrée, qui est encore tenue par les troupes gouvernementales. Seul un pont aérien permet d’approvisionner les quelque 350’000 habitants de la ville.
Soutien efficace
Malgré les difficultés dues à la guerre, on peut aujourd’hui affirmer
que le soutien accordé à temps par les oeuvres d’entraide se révèle très
efficace et parvient bel et bien à toutes les personnes dans le besoin,
comme en témoignent les dires d’une femme de la zone de famine: "C’est comme pendant la grande famine de 1984, à la différence que cette fois-ci nous
recevons les secours à temps".
Cette année de sécnheresse n’a pas provoqué de grandes migrations de
personnes en quête de nourriture. Les gens sont restés dans leurs villages
et peuvent labourer leurs champs en ce début de la saison des pluies.
Mais les problèmes de l’Ethiopie n’en sont pas pour autant résolus. En
effet, leur solution dépendra en grande partie de la capacité des oeuvres
d’entraide d’intensifier encore leurs secours d’urgence. Et la question
vraiment déterminante est de savoir si les précipitations seront suffisantes durant la saison des pluies (juillet à septembre). Or, l’inégalité des
précipitations selon les régions suscite des craindres pour la prochaine
récolte. (apic/car/pr)