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    Synode sur la synodalité Les conclusions du processus synodal attendues prochainement
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    L’Afrique à Rome: beaucoup d’interventions... mais peu de concret (190494)

    "Il n’est pas permis de tout dire en présence de son père"

    Rome, 19avril(APIC) Au début de cette semaine, les travaux sur l’évangélisation de l’Afrique ont repris à Rome, tant du côté de l’aula synodale

    que dans divers lieux de réflexion. Cela en attendant le Synode. Un Synode

    qui, proprement dit, en est toujours à sa première étape: chaque Père dispose de huit minutes pour exprimer très librement ce qui lui semble important, soit en son nom propre, soit au nom de sa Conférence épiscopale.

    Jean-Paul II se veut encourageant par sa présence permanente, mais, comme

    dit la sagesse africaine, "il n’est pas permis de tout dire en présence de

    son père".

    Les thèmes qui reviennent le plus souvent concernent l’inculturation

    (non une concession, mais un droit, a dit le cardinal Thiandoum le premier

    jour), les questions de paix et de justice, le dialogue avec l’islam, la

    famille, les catéchistes (hommes et femmes), la formation du clergé. Les

    réflexions concernant la place de la femme dans la société ou le rôle des

    théologiens dans le travail d’inculturation ne sont pas absentes.

    Beaucoup d’interventions sont générales et quelque peu incantatoires

    ("il faudrait..., on devrait..."); les moyens concrets à mettre en oeuvre

    font souvent défaut. Sans doute seront-ils plus développés dans les échanges en carrefours.

    Pour permettre à l’assemblée d’avoir une meilleure vue d’ensemble sur le

    continent, le cardinal Tomko, préfet de la Congrégation pour l’Evangélisation des peuples, a donné un long rapport sur la situation de l’Eglise en

    Afrique. Il a bien montré la diversité des situations et la difficulté de

    se faire une idée exacte de tout ce qui se passe.

    Acte deux

    L’ambiance dans l’aula est très bonne, non exempte d’humour, mais la

    succession des interventions a quelque chose de lassant et plus d’un membre

    aspire à la seconde phase de travail, celle des carrefours par groupes linguistiques (en latin "circuli minores"): cinq groupes francophones, cinq

    anglophones, un lusophone et un italien. Chaque groupe compte une vingtaine

    de membres. Mercredi dernier, le pape étant retenu par les audiences générales, les carrefours se sont réunis une première fois pour élire leur modérateur (sont du nombre les évêques Sanon, Tshibangu, Monsengwo, Zoungrana).

    Mercredi prochain, les rapporteurs de chaque carrefour seront désignés.

    Leur rôle sera capital pour assurer la transition entre les carrefours et

    les propositions finales.

    Le cardinal Danneels parle du Soudan

    Dans le cadre des rencontres organisées par le SEDOS, la soirée de lundi

    a été consacrée à la situation au Soudan. Elle était animée par des responsables de Pax Christi et par des membres de l’Eglise du Soudan. Tant au

    Nord qu’au Sud, les chrétiens de ce pays sont victimes d’un plan d’arabisation et d’islamisation qui engendre une cruauté pire que celle du développement séparé en Afrique du Sud. Il ne s’agit pas formellement d’une guerre

    de religion mais l’Eglise catholique est pratiquement la seule force de résistance à la politique d’islamisation.

    Le cardinal Danneels, président de Pax Christi international, a parlé de

    la visite qu’il a effectuée en février dernier dans le sud du Soudan, à la

    tête d’un petit groupe de délégués et de journalistes. Le cardinal a été

    frappé par l’intensité de la vie religieuse et ecclésiale des chrétiens du

    sud. "Si j’ai accepté de participer à cette expédition, c’est pour lui

    fournir un bouclier".

    Pour le cardinal, le problème restera insoluble aussi longtemps que

    l’islam sera monolithique, c’est-à-dire, qu’il liera indissolublement religion, culture, langue, politique, économie, bref, tous les aspects de la

    vie sociale. L’islam fondamentaliste a beau jeu de montrer la décadence morale de l’Occident chrétien. Il est vrai que l’historie du christianisme a

    connu aussi des périodes de monolithisme, mais la distinction entre les

    différents aspects de la vis sociale est un acquis de la Révolution française.

    En conclusion de la soirée, Mgr Lukudu Loro, archevêque de Juba (SudSoudan), a remercié le cardinal et s’est écrié: "Nous sommes en train de

    disparaître". (apic/cip/pr)

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