Tristesse et colère pour la suspension de l’hebdomadaire protestant
Genève, 17avril(APIC) La VP Hebdo a écrit ses dernières pages. Son dernier numéro vient de sortir de presse. Mais l’espoir de la voir renaître en
automne ou l’an prochain subsiste. Les protestants romands peuvent-ils se
résigner à accepter sans mot dire la disparition de leur seul organe de
presse? Sous le titre "Adieu de la rédaction", l’équipe rédactionnelle commente la dernière édition, la 13e en 1991 dans son nouveau look. Partagée
entre la tristesse et la colère de voir s’arrêter une publication qui, visiblement, était bien accueillie par les 7’000 abonnés, elle déplore que
tout n’ait pas été tenté pour sauver la VP.
Tristesse de la rédaction de devoir baisser les bras après avoir accepté
- pour rien? - de voir ses rangs fondre au fil des "restructurations" de
ces derniers mois, tristesse aussi de la dispersion d’une équipe qui se
donnait sans compter pour une tâche qu’elle pensait utile au protestantisme, peut-on lire dans le dernier commentaire. Tristesse... Mais colère aussi. Colère, parce que "les rédacteurs et rédactrices constatent que ce
n’est pas d’eux que vient la cause de la suspension de parution: d’espoirs
en désillusions, ils ont assuré la publication de l’hebdomadaire dans un
climat de plus en plus lourd, pour eux comme pour les collaborateurs de
l’administration. De quelles erreurs ’font-ils les frais’ avec vous, fidèles lecteurs?", se demande la rédaction.
La qualité du produit est là, constate pour sa part Marc Heyd, rédacteur
en chef licencié. Interrogé par l’agence APIC, il souligne que les raisons
de l’échec sont à chercher au niveau de la gestion. Selon lui, la promotion, le côté marketing n’ont malheureusement pas été faits: "on n’a pas su
vendre ce nouveau produit". "La VP Hebdo a hérité, dans certains cercles,
d’un de ces préjugés défavorables que rien ne semble pouvoir dissiper, et
d’une structure de direction qui en faisait peut-être un bateau ingouvernable". Pour Marc Heyd, "trop de monde s’occupait de la direction ou jouait
le rôle d’éditeur du journal".
L’Eglise protestante vaudoise mise en cause
La suspension de la VP Hebdo est peut-être la dernière secousse qui
pourrait amener les responsables protestants à se dire que nous avons besoin d’un support, c’est-à-dire d’un hebdomadaire romand: "Il faut se donner les moyens pour que cet hebdomadaire puisse paraître", relève Marc Heyd
qui ajoute: "Jusqu’à présent, cette volonté de la part des Eglises ne s’est
pas manifestée. Au stade où nous en sommes et jusqu’à atteindre les 14’000
abonnés nécessaires à la bonne marche du journal, c’est à elles à reprendre
le relais. Visiblement les Eglises n’ont pas joué le jeu". Et le rédacteur
en chef de montrer du doigt l’Eglise protestante vaudoise: "L’Eglise vaudoise n’a absolument pas bougé pour nous permettre de continuer cette année, voire davantage". C’est regrettable. Et encore plus pour les lecteurs
d’un journal fondé en 1938 dont les chiffres rouges auront eu raison.
(apic/pr)