L’accueil des étrangers en Suisse, une exigence évangélique (071091)
Lucerne, 7octobre(APIC) La Communauté catholique suisse de travail pour
les étrangers et leurs problèmes (SKAF), à travers sa Commission de la Conférence des évêques suisses, présente un certain nombre de réflexions préparées pour le "Dimanche des migrants/Journée des Peuples" qui se célébrera
le 10 novembre prochain. A cette occasion, un message des évêques ayant
pour thème: "Eglise sans frontières - les immigrés dans nos paroisses" sera
diffusé lors des messes de ce dimanche.
La question des migrants et des réfugiés, selon les sondages d’opinion,
est aujourd’hui une des principales préoccupations du peuple suisse.
L’Eglise catholique entend rappeler avec conviction une des exigences majeures de l’Evangile. Il n’y a pas ou il ne devrait pas y avoir "d’étrangers dans l’Eglise". Une exigence doublée d’une autre: on doit aussi ouvrir
sa porte à l’étranger non chrétien.
Le nombre des migrants en Suisse n’a cessé d’augmenter dans l’Eglise ces
derniers années, rappelle la Commission de la Conférence des évêques suisses. "A côté des travailleurs migrants venus de pays européens, on trouve
toujours plus de personnes de régions non-européennes. Certes le pourcentage de catholiques est plus petit chez les nouveaux immigrants qu’autrefois,
mais il y a tout de même des croyants qui confessent la même foi que nous.
Ils doivent pouvoir faire l’expérience d’un accueil fraternel".
Cependant insiste la Commission, "les membres d’une autre confession ou
religion ont aussi le droit d’être acceptés en tant qu’êtres humains. Et
d’être reconnus dans leur originalité. Dans ce sens, les paroisses "peuvent
jouer un rôle prophétique et servir de modèles pour la société".
Pour une Eglise vraiment "catholique"
L’intention des évêques est de manifester "l’existence d’une Eglisecommunauté qui ne doit exclure personne si elle veut être fidèle à la mission du Christ. L’approche de notre prochain, de quelque provenance, langue
ou religion qu’il soit, doit de nouveau être le signe caractéristique de
notre communauté vivante". Pour les évêques, le Dimanche des migrants doit
être l’occasion de rappeller avec force que les frontières entre les hommes, qu’elle soient intérieures ou extérieures, sont dépassées afin de renforcer la conscience d’une Eglise vraiment "catholique", c’est à dire universelle.
La Commission épiscopale met en outre en évidence un problème qui devient de plus en plus brûlant en Suisse: le sort des étrangers dans la
clandestinité et celui, encore plus dramatique, des enfants clandestins
dont les droits sont en grande partie réduits. Le SKAF signale à ce propos
la récente parution d’une brochure intitulée "Cachés et isolés" qui traite
de la situation des enfants clandestins en Suisse. Cette brochure est éditée par Pro Familia, Pro Juventute, l’UNICEF et l’Association suisse de la
protection de l’enfant.
La SKAF propose une action de solidarité concrète. Cette année, une partie de la collecte sera destinée à la formation des séminaristes de l’Ordre
franciscain à Mostar en Yougoslavie, une autre pour la pastorale des minorités et des réfugiés en Suisse.
Enfin la Commission signale que si la date du 10 novembre, choisie par
le Conférence des évêques, pour la célébration du "Dimanche des migrantsJournée des peuples" ne convient pas à toutes les paroisses de Suisse, il
est loisible de la faire à un autre moment. Le désir explicite des évêques
suisses étant que chaque paroisse ait à coeur de prévoir un dimanche au
cours duquel est abordé ce thème prioritaire de la vie chrétienne. (apiccom/ba)