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    kipa/j

    /Chine/La religion du proche avenir/Un néo-confucianisme à la sauce Zemin/

    Chine: un néo-confucianisme à la sauce Jiang Zemin sera la religion du

    proche avenir =

    Rome, 17 mars 1997 (CIP)

    De quelle liberté l’Eglise catholique et les autres religions pourrontelles jouir dans la Chine de l’après-Deng Xiaoping ? Le Père Bernardo

    Cervellera, nouveau directeur de Fides, l’agence de la Congrégation romaine

    pour l’Evangélisation des Peuples, et spécialiste de la Chine, n’est guère

    optimiste. Pour lui, Jiang Zemin semble avoir fait un choix, celui du

    confucianisme, mais revu et corrigé.

    Des catholiques qui se sont rendus en Chine à la fin de février parlent de

    "durcissements tyranniques du contrôle policier" pour les messes et les

    rencontres. Le contrôle social le plus sévère s’applique ainsi à l’Eglise

    et aux religions, affirme le directeur de "Fides".

    En Chine, conformément à la tradition marxiste et confucéenne, le droit à

    la religion est donné par l’Etat, il n’est pas inné, selon B. Cervellera.

    De plus, ces dernières années, sous les dirigeants actuels, l’Eglise

    catholique et les religions ont été soumises à un régime de "normalisation"

    où toutes ses activités (réunions, messes, gestion) ont été filtrées et

    enregistrés. La réincarnation elle-même du Panchen Lama doit, pour être

    vénérée, avoir le cachet du gouvernement (et non du Dalai Lama). La police

    a réalisé un travail "capillaire" pour éliminer de nombreuses communautés

    chrétiennes non officielles - catholiques et protestantes. Particulièrement

    dans certaines régions (Hebei, Jiangxi, Shangaï, Shanxi, Jilin, Zhejiang),

    évêques et prêtres, écoles, orphelinats, dispensaires... subissent, de jour

    et de nuit, la surveillance policière.

    Pourtant, constate B. Cervellera, on n’a jamais assisté en Chine à une

    renaissance religieuse autant que durant cette période. Jamais autant "la

    liberté religieuse, si on lui avait laissé le champ libre, pouvait

    contribuer à la réconciliation sociale en insufflant dans le développement

    économique chaotique chinois honnêteté, imagination, équilibre,

    fraternité".

    Confucius au secours du capitalisme

    Le P. Cervellera décrit le confucianisme tel que le conçoivent Jiang Zemin

    et le groupe qui l’entoure. Ceux-ci semblent avoir déjà fait un choix il y

    a deux ans, en finançant les projets de l’Association Confucéenne. Ils ont

    lancé l’an dernier la campagne pour "construire la civilisation

    spirituelle". Pronostic de l’ancien missionnaire à Hong Kong: "Le

    confucianisme sera la religion du proche avenir en Chine, non celui du sage

    antique, mais un confucianisme "fait sur mesure" pour Jiang Zemin. Il

    comporte un peu de morale et de savoir-vivre: ne pas fumer en public, ne

    pas cracher par terre, toujours sourire. Mais surtout avec beaucoup (trop)

    de respect pour l’autorité, l’autorité politique d’abord, l’autorité

    paternelle ensuite."

    "Cette structure néo-confucéenne, ajoute le directeur de "Fides", exalte la

    soumission, l’absence de syndicats et d’associations libres, le contrôle

    total de la part de l’Etat: l’unique liberté concédée est celle de

    s’enrichir. Et c’est précisément pour cela que le néo- confucianisme

    obtient tant de succès jusqúen Occident, comme réponse aux lacunes de la

    démocratie et comme tentative pour relancer le capitalisme. Les marchés

    européens et américains lorgnent toujours plus vers un marché chinois jugé

    modèle. Ce mélange d’impérialisme nouveau et ancien (confucéen, marxiste,

    capitaliste) domaine la Chine d’aujourd’hui et de demain. C’est là aussi un

    défi pour la mission de l’Eglise."

    Membre de l’Institut Missionnaire des Missions Etrangères (PIME) depuis

    1978, le P. Cervellera, 46 ans, a travaillé à la revue "Mondo e Missione"

    durant dix ans et en est devenu le rédacteur en chef en 1984. Après avoir

    voyagé en Europe et au Moyen-Orient (oecuméniste, on lui doit un livre sur

    la "convivance" islamo-chrétienne au Liban), il a travaillé de 1990 à 1997

    comme missionnaire à Hong Kong, en suivant les problèmes de

    l’Extrême-Orient, en particulier de la Chine, de Taiwan et du Vietnam, pour

    l’agence "Asia News" et pour Radio Vatican. (apic-cip-fs)

    Centre catholique des médias Cath-Info

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