Bruxelles, 11janvier(APIC) D’ici la fin du siècle, une centaine de paroisses nouvelles seront nécessaires à Kinshasa, en raison de l’accroissement annuel de la population de la ville calculé à quelque 150.000 habitants, a estimé Mgr Tshishiku Tshibangu, évêque auxiliaire de la capitale
du Zaïre. Cette dernière compte actuellement entre 3,5 et 4 millions d’habitants.
Selon Mgr Tshibangu, une dizaine de nouvelles paroisses devraient être
créées chaque année, d’ou le besoin annuel d’une quinzaine de nouveaux
prêtres. "Les vocations ne manquent pas, mais comme un évêque ne peut ordonner prêtres que ceux qu’il est capable d’entretenir décemment, il sera
nécessaire de recourir à l’aide extérieure", a-t-il déclaré. Ces estimations ont été faites par l’évêque auxiliaire quelques jours après la clôture du Synode diocésain tenu récemment à Kinshasa.
Une "réception" ecclésiale du Synode
S’exprimant à propos du Synode de Kinshasa, Mgr Tshibangu a déclaré
qu’"il a largement impliqué tout le Peuple de Dieu. La clôture a rassemblé
100.000 personnes, et la réaction des fidèles à la lecture du "Message de
l’Assemblée synodale" constitue réellement une réception ecclésiale du Synode. Celui-ci avait été voulu comme un processus dans la vie de notre Eglise. Nous ne le considérons aucunement comme un point final, mais comme une
étape. La législation ecclésiastique prévoit qu’un synode diocésain doit
comporter une majorité de clercs. Nous avons pu faire comprendre à Rome que
dans notre cas, avec une population de plus de 2 millions de catholiques et
un clergé relativement réduit, ce n’était pas possible. Le Synode comptait
1.200 membres, dont la moitié de laïcs".
Un triple objectif
Le Synode diocésain de Kinshasa (1986-1988) visait un triple objectif:
étudier une nouvelle fois et de façon plus approfondie les enseignements du
Concile Vatican II; faire le point sur la matière dont ces enseignements
sont mis en application dans l’Eglise locale de Kinshasa; enfin, à la lumière de ces enseignements, examiner, reformuler et compléter les grandes
options pastorales du diocèse prises depuis 1970.
Les travaux de l’assemblée se sont déroulés en trois sessions: mars
1987; février-mars 1988 et mai 1988. 16 théologiens ont présenté les 16 documents promulgués par Vatican II et ont amorcé la réflexion et l’actualisation de ces thèmes. Entre les sessions, les divers sujets étaient appronfondis par tous les groupes de chrétiens qui donnaient leurs avis tout en
formulant leurs suggestions. Cette recherche a abouti à la rédaction de 27
rapports concernant tous les aspects de la pastorale d’ensemble de la paroisse du diocèse. Approuvés lors de la session de mai 1988, ces textes ont
été remis au cardinal Malula.
Un projet pastoral à l’horizon de l’an 2000
Sur la base de ces documents, l’archevêque a ensuite élaboré, puis promulgué, le 11 décembre dernier, le texte des "Options et directives" qui
constitue un projet pastoral concret à l’horizon de l’an 2000.
Dans cette vaste fresque de 64 pages, la plupart des aspects de la pastorale sont abordés, mais le cardinal rappelle lui-même les huit options
prioritaires: la formation du clergé diocésain, la formation et l’engagement corresponsable des laïcs dans les paroisses, mais aussi spécialement
dans les tâches temporelles, les communautés ecclésiales de base, le mariage et la famille, les jeunes, les écoles, l’engagement pour plus de justice
et la promotion humaine, spécialement en faveur des plus démunis, et l’inculturation, qui doit marquer l’effort pastoral dans tous ces domaines.
Lors de la clôture du Synode, le "Message de l’Assemblée synodale" a été
lu en français et en lingala. Certains passages ont été particulièrement
appréciés par la foule, notamment celui qui abordait la question des soins
médicaux: "Dans le monde de la médecine, défendez et recherchez une médecine qui ait d’abord en vue le service des malades, même s’ils sont pauvres,
et collaborez à l’instauration d’institutions médicales qui assurent le
plus possible la santé pour tous"; ou encore le passage ou le Synode invite
les prêtres et les religieux "à se mettre au service des plus pauvres et
des plus démunis et à éviter les pièges de l’argent et de l’orgueil".
(apic/cip/pr)