Kigali : Le pape Jean Paul II rencontre les évêques du Rwanda (090990)
Kigali, 9septembre(APIC) Au Rwanda, comme il l’avait fait auparavant au
Burundi, le pape Jean Paul II a lancé un appel en faveur de la
réconciliation et de la coexistence pacifique entre les différentes
ethnies. Dimanche, lors d’une rencontre à la nonciature de Kigali avec les
évêques du Rwanda - appartenant tous à l’ethnie des "Hutus" - le souverain
pontife leur a demandé un travail de réflexion approfondi sur
l’"inculturation" et les a invités à travailler à l’unité nationale.
Le pape a demandé aux évêques catholiques de "déraciner les préjugés
ethniques, les séquelles de mentalités féodales, comme aussi les séquelles
de mentalités serviles". Jean Paul II a encore indiqué la nécessité d’une
solide formation des fidèles laïcs, entre autres pour résister aux sectes
qui "jettent le trouble dans les croyances des catholiques, spécialement
lorsque leur connaissance de la foi est réduite".
Bénédiction lundi de la "basilique de la discorde"
A propos du sida, le pape a répété qu’il faut d’une part assister "sans
discrimination" les malades, et de l’autre "éclairer jeunes et adultes sur
les valeurs morales qui, souvent, sont en cause dans la transmission de
cette maladie". La dernière étape de la visite du pape au Rwanda a été la
cérémonie d’adieu en présence du président de la République, le général Juvénal Habyarimana.
Jean Paul II est attendu à 19h30 (heure locale) à Yamoussoukro, capitale
administrative de la Côte d’Ivoire, où il sera reçu par le président Félix
Houphouët-Boigny, avant de se rendre en soirée à la résidence présidentielle. C’est la troisième fois que le pape se rend dans ce pays, qu’il avait
déjà visité en 1980 et 1985. Lundi matin, le pape bénira la Basilique "Notre-Dame-de-la-paix", - coûteuse copie conforme de la Basilique St-Pierre de
Rome - avant de participer à la réunion finale du Conseil du Secrétaire général du Synode des évêques pour l’assemblée spéciale pour l’Afrique. Le
pape quittera la Côte d’Ivoire lundi après-midi et est attendu vers minuit
à Rome Ciampino. (apic/jt/be)
Yamoussoukro : La "basilique de la discorde"
Les oeuvres d’entraide prennent leur distance
La bénédiction, lundi matin, de la basilique "Notre-Dame-de-la-paix" à Yamoussoukro, "offerte" à l’Eglise catholique par le président HouphouëtBoigny, qui l’a payée "de sa poche" (et il en va de quelque 250 millions de
francs suisses), a fait couler beaucoup d’encre. La Basilique, construite
sur le modèle de St-Pierre de Rome, peut contenir 20’000 personnes et dispose de quelque 7’000 places assises. Le pape a accepté ce "cadeau" - le
plus important qu’il n’ait jamais reçu - après que le président ivoirien
eût promis de construire un hôpital.
Les oeuvres d’entraide catholique n’ont pas du tout apprécié ce geste.
"Il est très important que les oeuvres d’entraide se prononcent clairement
à ce sujet, pour dire que cette construction n’a pas été lancée par l’Eglise, qui ne l’a ni désirée ni payée", a notamment déclaré le prélat Bernd
Kaut, président de l’oeuvre d’entraide internationale catholique "Missio",
en Allemagne. Il a souligné qu’il était très important de le faire savoir,
surtout pour les donateurs de l’oeuvre en Allemagne. B. Kaut a déploré que
le président Houphouët-Boigny voulait davantage se faire construire un monument à sa gloire personnelle plutôt qu’à la gloire de Dieu. D’autre part,
fait-il remarquer, le président ivoirien n’est pas tout à fait un
catholique modèle : il a plusieurs femmes et a également financé une
immense mosquée près de la cathédrale.
Le directeur de "Missio" craint que le geste du président le fasse trop
vite prendre pour un homme très pieux. S’il voulait agir "de façon vraiment
chrétienne", il aurait bâti une plus petite église et investi le reste dans
des oeuvres sociales dont le pays a tant besoin. "Ce n’est pas l’église des
gens d’ici, a-t-il déploré, aucun Ivoirien n’a participé en tant que responsable à cette construction, menée à bien par un consortium d’entreprises
européennes... 80 % des coûts de construction sont ainsi retournés en Europe, le marbre vient de Carrare et les vitraux de France!". Il faut noter
aussi que le coût d’entretien de cet édifice sera de l’ordre d’un million
de francs par an... payés par un fonds mis en place par Houphouët-Boigny.
D’autres voix autorisées ont au contraire salué cette construction, arguant du fait qu’il y a actuellement dans le monde plusieurs grands édifices religieux en chantier, et que tous sont des mosquées, sauf Yamoussoukro... Mgr Bernard Agré, évêque de Man, en Côte d’Ivoire, déclarait
récemment "Nous pouvions vivre sans cette basilique, mais maintenant, elle
existe. Plutôt que de la laisser à d’’autres’, utilisons-la, pour la plus
grande gloire de Dieu et le salut des hommes!". (apic/kna/be)